Incendies et explosions dans l’industrie Européenne du pellet

Les anglo-saxons l’ont fait il y a quelques années, mais aucun récapitulatif n’avait pas encore été concocté pour l’Europe. Voici un inventaire chronologique des incendies et  explosions dans les usines de pellets et les centrales biomasse Européennes, en France, Royaume-Uni, Belgique, Irlande, Espagne, Danemark et Pays-Bas, de 2011 à aujourd’hui. Il peut évidemment y avoir des oublis, alors n’hésitez pas à nous contacter afin de compléter cette liste. Il manque des données sur l’Allemagne, l’Italie, le Portugal, l’Europe du nord et l’Europe centrale.

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  • Le 26 février 2018 a eu lieu l’accident le plus récent lorsque trois filtres d’aspiration ont explosé à l’extérieur de l’usine Bretagne Pellets, de Mauron en Bretagne (France), sans faire de blessés. « L’opération est délicate car l’accumulation de poussière de bois peut constituer un nuage qui peut s’embraser à tout moment et provoquer une énorme déflagration », explique le capitaine des pompiers.
  • Le 04 février 2018, un incendie a éclaté dans l’enceinte de l’entreprise MG Granulés, à Argenteuil-sur-Armançon, dans l’Yonne (France). C’est un séchoir à granule de bois qui a pris feu. Les sapeurs-pompiers sont parvenus à circonscrire l’incendie et à protéger le stock. Il n’y a pas eu de blessés.
  • Le 18 janvier 2018, un incendie s’est déclaré sur le site de la centrale co-génération biomasse, située dans la zone industrielle des communes de Nesle et de Mesnil-Saint-Nicaise, dans la Somme (France). Plus de 60 pompiers étaient sur place pour circonscrire l’incendie.
  • Le 10 octobre 2017, une explosion suivie d’un incendie s’est produite dans un séchoir à sciure de l’usine Piveteau bois à Sainte-Florence, en Vendée (France).
  • Le 07 aout 2017, un incendie a éclaté dans une usine de pellets à Liouc, dans le Gard (France). Deux stocks de déchets entreposés à l’extérieur de l’entreprise ont brulé. Une cinquantaine de pompiers se  sont rendus sur place. La fumée était visible à des kilomètres à la ronde.
  • Le 12 mai 2017, un incendie s’est déclaré vers 16 heures dans la salle des machines de l’usine Europellets à Arc-sous-Cicon, dans le Haut-Doubs (France). Les soldats du feu ont agi très rapidement, aidés par leurs homologues de Gilley. Il n’y a pas eu de blessés.
  • Le 12 janvier 2017, huit chaudières à biomasse et un hangar contenant des copeaux de bois subit un incendie dans l’usine Corby Biomass Systems Limited, à Fermanagh  (Irlande).
  • Le 27 août 2016, une installation commerciale de stockage de copeaux de bois, à Ballachulish Bridge (Royaume-Uni), a subit un incendie.
  • Le 04 aout 2016, un important incendie de machine a éclaté dans une usine de bois à Goncelin, en Isère (France).
  • Le 17 mai 2016, les sapeurs-pompiers se sont rendus sur la commune du Cheylas, en Isère (France) pour un incendie dans un silo de sciure de la société Alpes Énergie Bois. Une cinquantaine de soldats du feu ont été mobilisés et ont utilisé une lance à eau pour éviter la propagation du feu aux silos voisins.
  • Le 16 mai 2016, un stock de bois de « classe B » à recycler en combustible biomasse a brulé à la ferme de l’arbre de Noël près de Totnes, Devon (Royaume-Uni).
  • Le 22 mars 2016, un incendie se déclare vers 19h50 dans un pré-sécheur horizontal de sciure d’une unité de production de granulés de bois de l’usine BC48, sur le causse d’Auge de Mende, en Lozère (France). L’intervention se termine vers 23h30. Six employés, incommodés par les fumées, sont transportés à l’hôpital.
  • Le 05 décembre 2015, un incendie de 20 000 tonnes de copeaux de bois  à Alexandra Docks, un chantier naval  au sud du Pays de Galles (Royaume-Uni). D’après les pompiers, le feu a éclaté dans une scierie et 30 pompiers étaient sur les lieux. Il a été conseillé aux habitants de rester à l’intérieur et de garder les fenêtres et les portes fermées.
  • Le 16 novembre 2015, les pompiers s’attaquent à un incendie de 40 000 tonnes de copeaux de bois à Newport Docks (Royaume-Uni).
  • Le 30 octobre 2015, un incendie a détruit les locaux de l’entreprise Franche-Comté Pellets à Fuans (France). Alors que la chaîne de fabrication était encore en réglage, le feu est parti dans le séchoir à proximité de la génératrice.
  • Le 23 septembre 2015, deux explosions ont blessé quatre personnes dont deux gravement, dans une centrale électrique à biomasse à Borselle (Pays-Bas).
  • Le 07 juillet 2015, un incendie s’est déclaré au sein de l’usine de Déshydratation de la Haute Seine, situé à Baigneux-les-Juifs, en Côte d’Or (France). Cette coopérative produit des aliments pour bétail et des granulés de bois pour le chauffage.
  • Le 13 mai 2015, les «déchets recyclés» de Lancaster Fuels 4U, une entreprise de biomasse dans le nord du Pays de Galles (Royaume-Uni), ont pris feu.
  • Le 15 avril 2015, violent incendie à l’usine de granulés de bois de la société Vert Deshy, à Meximieux, dans l’Ain (France). Le bâtiment est entièrement détruit. Aucune victime n’est à déplorer.
  • Le 30 janvier 2015, un «incendie majeur» a éclaté dans un stockage de biomasse à Motril (Espagne).
  • Le 04 juin 2014, un incendie se déclare vers 20 h dans un silo de 50 m³ de sciure dans une usine soumise à déclaration qui fabrique des granulés de bois à Ivry-en-Montagne, en Côte-d’Or (France). Une explosion se produit avant l’arrivée des pompiers. L’incendie est maîtrisé vers 22h15.
  • Le 02 juin 2014, un incendie a éclaté dans un stockage de copeaux de bois à Crow Edge, pour les centrales électriques à biomasse du sud du Yorkshire (Royaume-Uni), six semaines après avoir subi un premier incendie dans les installations de R Plevin and Sons.
  • Le 10 mars 2014, suite à une détonation, un incendie est détecté vers 19 h dans un refroidisseur d’une usine de granulés de bois à Egletons, en Corrèze (France). Les flammes se propagent au circuit d’aspiration et au cyclone. Le personnel puis les pompiers interviennent. Le feu est éteint.
  • Le 04 février 2014, un incendie a éclaté dans l’une des principales turbines de l’usine de production de biomasse d’E.On à Ironbridge, au Shropshire (Royaume-Uni). L’installation a déjà subi un incendie dans sa zone de stockage de granulés de bois le 03 octobre 2013.
  • Le 18 janvier 2014, un incendie s’est déclaré à l’usine IBV (Industrie Bois Vielsalm) sur le zoning de Burtonville, dans la commune de Vielsalm (Belgique). Le feu a pris dans une cuve de pellets.
  • Le 07 décembre 2013, Un incendie se déclare vers 15h30 dans les combles d’une usine de granulés de bois à Oradour-sur-Vayres, en Haute-Vienne (France). La toiture s’effondre. Les pompiers éteignent le feu vers 18 h. L’activité du site est suspendue pour quelques jours sans chômage technique.
  • Le 13 octobre 2013, un incendie s’est déclaré dans l’entreprise « Les granulés de Provence » située au bord de la RN7 à Flassans dans le Var (France). Cette entreprise devait être officiellement inaugurée ce 24 octobre. Les stocks ont été détruits, tout comme les machines (séchoir, broyeur, presse…) et la structure même du bâtiment dont la toiture a ployé.
  • Le 11 octobre 2013, un incendie «difficile et dangereux» a éclaté dans la tour de transfert de convoyeur dans une installation de stockage de pellets dans le port de Tyne à South Shields, (Royaume-Uni). Environ 50 pompiers ont été impliqués dans la lutte contre l’incendie, qui a éclaté dans un silo de stockage de pellets.
  • Le 10 septembre 2013, gros incendie chez Valorbois, qui produit des pellets, au zoning des Plenesses (Belgique). Les flammes provenaient d’une cheminée d’évacuation de la vapeur connectée à un séchoir à pellets.
  • Le 02 juin 2013, une installation de biomasse de bois appartenant à Hexham’s Egger UK a subit un incendie à Hexham (Royaume-Uni).
  • Le 21 décembre 2012, un incendie s’est déclaré à Vattenfall, près de Copenhague (Danemark), dans une centrale fournissant chaleur et électricité. Les pompiers sont restés sur place pour travailler sur l’élimination des granulés de bois.
  • Le 09 aout 2012, une explosion a eu lieu dans une centrale électrique charbon-biomasse de 600 MW aux dans la ville de Nimègue (Pays-Bas). La centrale a été évacué et la zone sécurisée. Aucune victime n’est à signaler.
  • Le 15 juillet 2012, un incendie a éclaté à la scierie Farges à Egletons, en Corrèze (France). Une quarantaine de pompiers sont intervenus pour venir à bout du sinistre.
  • Le 03 juillet 2012, un incendie s’est déclaré sur le site de l’entreprise Piveteau Bois à Sainte-Florence, en Vendée, (France). Les sapeurs-pompiers font face à un bâtiment de stockage de matériels et de produits finis, d’une superficie de 1 900 m², totalement embrasé et dont la structure métallique s’est effondrée. Aucune victime n’est à déplorer.
  • Le 22 octobre 2011, un incendie a éclaté dans l’usine Haut-Doubs Pellet de Levier (France). Les flammes auraient pris dans une chaudière à granulés bois. Deux salariés ont été transportés à l’hôpital de Pontarlier après avoir été intoxiqués par des fumées.
  • Le 16 mars 2011, un nouvel incendie a éclaté chez Valboval, à Artres près de Valenciennes (France). Un foyer a été localisé dans un silo de 150 m³ contenant de la sciure de bois.
  • Le 11 mars 2011, peu après midi, une explosion de poussières de bois suivie d’un incendie se produit dans le broyeur d’une usine de granulés de bois pour chauffage de 5 000 m² chez Valboval, à Artres près de Valenciennes (France). Le sinistre se propage au reste du bâtiment par les tapis roulants en caoutchouc, ainsi qu’à la charpente. Les pompiers créent des exutoires en toiture, démontent les compacteurs et bouchent les canalisations de poussières avec de la mousse. Ils utilisent 6 lances à eau et 1 à mousse et rencontrent des difficultés d’alimentation en eau. L’intervention dure 8 h. Des machines de l’entreprise sont hors d’usage, entrainant le chômage technique de 10 personnes.

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 200 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel mais le préfet abandonne. Le 15 juin 2017, il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie un rapport de 400 pages, ses conclusions et son avis : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco, sans tenir compte de l'avis défavorable de l'enquête publique. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter, ne tenant aucun compte de l'avis défavorable émis par le commissaire enquêteur. Et au même moment, nous découvrons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter à Damblain : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la société Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais "un acte de régularisation du premier projet ayant un caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Le 20 juin, la Cour d'appel de Douai prend un arrêté selon lequel "il n’y a pas lieu de statuer sur la requête de la société Jeferco". Le premier projet Jeferco est enterré et la première bataille est gagnée. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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