Après Chambord, Emmanuel Macron reçoit les chasseurs à l’Élysée

620Un article de La Nouvelle République, par Christophe Gendry, le 16/02/2018.

Il y a deux mois tout juste, à Chambord, Emmanuel Macron avait promis de recevoir les représentants des chasseurs. La réunion a eu lieu hier.

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Il y a tout juste deux mois, en marge d’un déplacement privé en Loir-et-Cher, Emmanuel Macron rencontrait à Chambord les principaux responsables de la chasse française, emmenés par leur président Willy Schraen.

Le président de la République avait alors promis de le recevoir à l’Élysée pour débattre des dossiers chauds du moment. Un rendez-vous très « politique », à l’heure où la Fédération nationale des chasseurs (FNC) envisage des réformes en profondeur et s’est opposée, sur plusieurs points, au ministre de l’Environnement Nicolas Hulot.

La réunion a donc eu lieu ce jeudi 15 février 2018. Comme à Chambord, le lobbyiste des chasseurs Thierry Coste – qui a aussi et depuis longtemps ses entrées dans les arcanes du pouvoir – était présent, ainsi que le sénateur de la Côte-d’Or François Patriat (LREM), récemment porté à la présidence du conseil d’orientation du Domaine national.

Le permis national ramené à 200 euros ?

Le communiqué de presse de la FNC indique que l’échange a été « cordial et constructif ». Il est précisé que le président de la République « a donné son feu vert pour ouvrir le chantier de la réforme du permis de chasser à 200 € » et « réaffirmé son soutien aux chasses traditionnelles et à l’ensemble des modes de chasse dont la vénerie. » Il a également été question de la prolongation de la chasse aux oies pendant le mois de février (interdite cette année), sujet qui a mis les sauvaginiers de plusieurs départements côtiers en ébullition, au point de voir parfois la FNC débordée par sa base.

Vu du Loir-et-Cher, où la fédération compte près de 20.000 adhérents et accueille beaucoup de chasseurs venus d’autres départements, le dossier majeur est celui du permis national à 200 €. Il en coûte aujourd’hui plus du double, une part importante de cette manne revenant à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Les deux dossiers sont donc liés, comme le reconnaît Hubert-Louis Vuitton, président de la FDC 41 et vice-président de la FNC, qui n’a pas participé à la réunion d’hier mais s’est ensuite entretenu avec Willy Schraen.

Négociations sur le futur de l’ONCFS

« Le permis à 200 € devrait entrer en vigueur pour la saison 2019-2020 », espère-t-il. Si le scénario reste à écrire, les négociations sur le futur de l’ONCFS (1.500 agents, 120 millions d’euros de budget) s’annoncent ardues. Les chasseurs pourraient continuer à financer la police de la chasse, dont l’organisation serait maintenue en l’état, ainsi que certaines missions techniques. « Nous avons besoin du soutien de l’ONCFS sur le terrain », insiste Hubert-Louis Vuitton. Reste que d’autres activités pourraient être transférées à la nouvelle Agence française pour la biodiversité qui a déjà intégré, entre autres, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.

A suivre donc ! Dans l’immédiat, Hubert-Louis Vuitton et ses amis de la FNC se réjouissent de l’oreille attentive que leur prête Emmanuel Macron et de la reconnaissance qu’il leur apporte. Même si beaucoup de nœuds restent encore à dénouer.

L’article de La Nouvelle République est ici.

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