Le bois énergie, ou l’enjeu de la préservation de nos forêts

155  Extrait du dossier « Bioénergie » de France Nature Environnement.

Menaces sur la forêt française

Le bois énergie est de loin la première des énergies renouvelables, et les objectifs de développement de cette bioénergie sont très ambitieux. Aujourd’hui, le bois destiné à l’énergie est majoritairement issu de forêt et représente plus de 75% de l’autoconsommation (bois non commercialisé, récolté par les propriétaires forestiers pour se chauffer). Par ailleurs, le bois énergie est essentiellement utilisé en France dans les chaufferies, là où le rendement est le plus efficace (supérieur à 90%). Toutefois, les impacts du bois énergie ne sont pas neutres sur l‘environnement et les écosystèmes, particulièrement dans le cas des centrales biomasse industrielles.

La forêt et le bois ont de nombreux rôles à jouer dans la préservation des écosystèmes et la lutte contre le changement climatique. Le rôle du bois énergie, bien souvent mis en avant, est pourtant mineur par rapport à celui que peut jouer la forêt. En effet, pour limiter le réchauffement en dessous des 2°C voire 1,5°C, il est nécessaire de réduire dès aujourd’hui les émissions de CO2 et de renforcer les puits de carbone. Le stockage du carbone en forêt, dans les arbres et le sol, constituent le premier puits de carbone terrestre : chaque année, les forêts françaises absorbent ainsi l’équivalent de 12% des émissions de CO2 de la France.

Utilisation du bois : respecter le principe de hiérarchie des usages

Il existe 3 catégories d’usages du bois : le bois d’œuvre, dont le diamètre et la qualité permettent un usage pour la construction ou la fabrication de meubles. La deuxième catégorie est le bois industrie, bois utilisé notamment dans l’industrie papetière et pour la fabrication de palettes. Et enfin le bois énergie, utilisé comme son nom l’indique en énergie. La valorisation du bois doit être à la fois la plus avantageuse pour l’environnement et le climat, et financièrement intéressante pour le propriétaire forestier. C’est pourquoi l’usage bois d’œuvre doit être privilégié, suivi par le bois industrie et enfin le bois énergie.

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S’assurer d’une gestion durable des forêts et de la ressource en bois

L’exploitation du bois énergie doit être assorti de la mise en place de critères de durabilité afin d’assurer la préservation et le renouvellement de la ressource.  Il ne faut pas oublier qu’il existe une limite à la production du bois énergie et que cette limite est celle de la durabilité des systèmes de production. Ainsi France Nature Environnement milite pour :

  • Limiter l’utilisation d’arbres entiers et privilégier l’utilisation à des fins énergétiques des résidus de l’industrie forestière (qui favorise le bois d’œuvre) et des coupes si cela n’affecte pas la fertilité des sols.
  • Respecter les zones à fort enjeux écologique ou de biodiversité en bannissant dans ces aires les prélèvements de bois énergie.
  • Promouvoir l’efficacité énergétique des centrales en refusant la production d’électricité à partir du bois tant que l’efficacité en co-génération (chauffage/électricité) est inférieure à 85%.

 

Le dossier complet de FNE est ici.

Commentaire

Pour rappel, la centrale biomasse sans co-génération que la société Jeferco-pellets (au capital de 1 €) voulait installer à Anor aurait eu une puissance de 15 Mégawatts, soit l’équivalent en consommation électrique annuelle d’environ 10 000 habitants. Cette chaleur aurait servit uniquement à chauffer la poudre de bois afin de faire baisser son taux d’humidité. Autrement dit, après le séchage, cette chaleur aurait réchauffé le sud Avesnois (vaste programme) et serait partie en fumée alors qu’une centrale en co-génération aurait pu récupérer cette chaleur pour fournir du chauffage à un réseau de chaleur ou fabriquer de l’électricité, pour les besoins de l’usine et des habitants d’Anor par exemple !

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