Climat : n’attendons pas les États, agissons localement !

126  Un article de Reporterre, par Alternatiba et le Réseau Action Climat, le 19 décembre 2017.

De COP en One Planet Summit, les États semblent incapables de répondre à l’urgence climatique. En revanche, expliquent les auteurs de cette tribune, les territoires, les villes, les régions… se mobilisent. Les moyens d’agir existent à l’échelle locale. Alternatiba et le Réseau action climat ont mis en place des structures pour accompagner les citoyens qui voudraient s’en emparer en 2018.

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Sécheresses record dans la Corne de l’Afrique, ouragans majeurs aux États-Unis et dans les Caraïbes, mais aussi incendies, tempêtes et érosion des côtes en France… L’année 2017 n’a pas manqué de nous rappeler que les dérèglements climatiques sont déjà à l’œuvre ! Face à cette urgence, les engagements pris par les États du monde entier à la COP21 sont dramatiquement insuffisants. La décision de Donald Trump de sortir les États-Unis de l’Accord de Paris a fragilisé la dynamique politique sur les changements climatiques, et la COP23 a révélé la grande difficulté des autres États à prendre le relais pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2 °C et de tendre vers 1,5 °C. Le One Planet Summit qui s’est tenu le 12 décembre à Paris a été encore une occasion ratée par la France de prendre des engagements concrets amorçant la transition écologique. Mais une autre voie que celle des sommets internationaux et des négociations des États s’offre à nous : celle de nos territoires.

En 2005, alors que George W. Bush avait révoqué la signature du protocole de Kyoto par les États-Unis, plusieurs centaines de maires signaient l’United States Mayor’s Climate Protection Agreement (Accord des maires des États-Unis pour la protection du climat), dans lequel ils et elles s’engageaient à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de leurs communes selon les exigences du protocole de Kyoto. Cet exemple de prise de responsabilités à l’échelle locale n’est pas un cas isolé. Dans des réseaux internationaux tels que Énergie Cités, ICLEI [Conseil international pour les initiatives écologiques locales] ou le C40, des villes à travers le monde coopèrent pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et pour limiter les risques liés au dérèglement climatique. Un nombre considérable de ces villes se trouvent dans des États qui ne montrent que peu d’ambition pour la protection du climat.

Les collectivités ont la responsabilité indirecte de 50 % des émissions de gaz à effet de serre

L’engagement des communes est d’autant plus intéressant qu’au-delà du symbole, elles ont un réel potentiel. En effet, selon le dernier rapport du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], 50 à 70 % des leviers d’action contre le dérèglement climatique se trouvent au niveau local. Sous peine d’être vides de sens, les engagements des États devront donc non seulement se matérialiser par des décisions politiques nationales fortes, mais surtout se concrétiser dans les territoires. En effet, les collectivités territoriales ont une responsabilité directe dans 15 % des émissions de gaz à effet de serre nationales, via leurs bâtiments par exemple. Et si l’on tient compte de leurs décisions en matière d’aménagement, de transports, de bâtiments, d’installation d’énergies renouvelables, etc., les collectivités ont une responsabilité indirecte sur jusqu’à 50 % de ces émissions. Les échelles locales, et plus précisément les collectivités territoriales, sont donc un terreau particulièrement fertile pour accélérer la transition écologique et sociale. À cela s’ajoute que, depuis peu, les collectivités territoriales françaises disposent aussi des outils nécessaires pour mener à bien la transition écologique. (…..)

La suite de l’article de Reporterre est ici.

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