L’arbre et la forêt au cœur d’un festival à Fourmies.

Sur ce blog, beaucoup d’articles relatent au fil du temps les dégâts occasionnés par des « prélèvements » excessifs dans les forêts domaniales de Fourmies et de Mormal. En forêt de Fourmies, au lieu-dit le Trou Colette, l’Office National des Forêts (ONF) nous explique à grand frais de tract géant et plastifié que les frênes de la région sont victimes de la chalarose et qu’il faut les couper tous. C’est vrai et incontestable.

 

 

En fait, la moitié de la France est contaminée par ce champignon qui est arrivé dans notre pays en 2009 et à Fourmies depuis 2010. Ce qui fait que les arbres atteints par cette maladie auraient dû être coupés depuis plusieurs années si l’ONF avait fait son boulot, qui est, faut-il encore le rappeler, la gestion des forêts publiques dont nous sommes tous les propriétaires. Ce que ne dit pas le tract de l’ONF c’est qu’en France, le ministère de l’Agriculture recommande de n’exploiter que des arbres ayant plus de 50% du houppier dépérissant. En effet, un des buts importants de la gestion des frênaies atteintes de chalarose est de permettre la régénération des frênes résistants. Il est donc déconseillé d’exploiter de façon trop sévère les peuplements atteints.

Mais puisque tous les frênes ont été ou vont être coupé, les autres espèces devraient être visibles. Or, lorsqu’on marche en forêt, on constate que, dans les parcelles exploitées sans interruption depuis deux ans, tous les arbres ayant plus de 40 cm de diamètre ont disparu. Et, du coup, pour les chênes, les hêtres et les charmes on dit quoi ?

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Sécoïa de Californie.

C’est bête mais la chalarose du frêne est une maladie qui, comme nous l’avons vu plus haut, ne concerne que le frêne. Alors, l’ONF a essayé de nous faire croire que c’est parce que la forêt de Fourmies va avoir 100 ans, qu’elle est donc vieille et qu’il est grand temps de la couper. Pourtant, les Sécoïas de Californie ont plus de 3500 ans et de fait 100 ans, pour un arbre, c’est juste la fin de l’adolescence ! L’ONF pourrait aussi essayer de nous expliquer que les chênes pédonculés vont souffrir du changement climatique et qu’il faut préventivement les remplacer par des chênes sessiles qui sont moins sensibles à la hausse des températures (excuses entendue pour la forêt de Mormal). Alors comment expliquer que 10% de la forêt Landaise soit constitué de chênes pédonculés alors qu’il fait en moyenne cinq degrés de plus que chez nous ?

Après toutes ces excuses bidons, il semble qu’il soit grand temps que l’ONF arrête de nous prendre pour des imbéciles. Puisque la majorité des habitants du Sud-Avesnois s’en contrefiche, alors vendez et faites couper ce que vous voulez, comme vous le voulez et quand vous le voulez. Mais dans ce cas assumez. Assumez et arrêtez d’investir dans des tracts et des flyers tronqués pour essayer de vous dédouaner maladroitement.

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Et pendant ce temps là, la ville de Fourmies organise du 18 au 26 novembre 2017 la deuxième édition du Festival festif de la fête de l’Arbre. Initié par la région des Hauts-de-France, l’arbre et la forêt sont au cœur de ce festival, sur tout le territoire régional. « L’objectif est de sensibiliser le public à la beauté et à la préservation des écosystèmes. » déclare Martine Roux, adjointe au développement durable et à l’urbanisme à la mairie de Fourmies, dans un article du Courrier de Fourmies. « Les forêts, bois et massifs sont un patrimoine naturel qu’il est indispensable de protéger » nous explique ce même article. L’ONF n’est donc plus seul à nous prendre pour des demeurés.

Voici l’article de la région des Hauts-de-France présentant le festival de l’arbre.

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Forêt de Fourmies, le 30/07/2017. Le festival de l’Arbre !

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