Usine à pellets de Haute-Corrèze : une enquête publique lancée sur les rails de la contestation.

525  Un article du journal L-Echo.info, le 15 novembre 2017.

Plus de soixante personnes se sont déplacées ce mardi 14 novembre dès 8h30 à la mairie de Viam pour exprimer leur opposition au projet d’usine à pellets torréfiés de Bugeat-Viam, ainsi qu’aux modalités de l’enquête publique elle-même.

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Les opposants se sont d’abord installés devant la cour de la mairie avec tables pliantes, boissons chaudes et panneaux d’affichage présentant leurs arguments, sous l’œil de quelques gendarmes mobilisés pour l’occasion. Au bout de quelques temps, ils se sont rendus dans la salle de la mairie où ils ont échangé pendant plus d’une heure avec le commissaire enquêteur et une partie de l’équipe municipale dont le maire de Viam Michèle Guillou.

Les opposants ont dénoncé une fuite en avant inacceptable et ont longuement fait part de leurs critiques quant aux modalités de l’enquête publique elle-même : absence de débat contradictoire en amont, complexité des informations contenues dans le dossier, aspect uniquement consultatif de l’enquête sans garantie de prise en compte des oppositions, concentration de l’essentiel de l’enquête, notamment l’accès au dossier papier et les permanences du commissaire, sur la seule commune de Viam alors que le territoire impacté s’étend sur un rayon de 80 km autour du site.

Des zones d’ombres

Ils ont également pointé ce qu’ils considèrent comme de graves zones d’ombre dans le dossier soumis à l’enquête : absence de prise en compte du territoire impacté et des modalités d’approvisionnement, absence d’étude préalable de la pollution sur le site qui doit être dépollué, notamment. Michèle Guillou a évoqué un «beau projet» en soulignant aussi des interrogations quant à la circulation des poids-lourds. Les élus n’ont eu que quelques jours pour consulter le dossier de 700 pages concernant ce projet.

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Par ailleurs, de nombreuses critiques ont été émises par les opposants sur le fond du projet lui-même, relevant que plusieurs études récentes remettent clairement en doute la pertinence d’utiliser du bois vert en remplacement des combustibles fossiles. Ils ont également cité des études de l’INRA et de l’ADEME qui conseillent de ne pas prélever les souches et branchages issus des travaux forestiers, faute de provoquer une grave stérilisation des sols, ainsi qu’un document du Conseil Scientifique et Prospectif du PNR Millevaches dont les recommandations n’ont été aucunement prises en compte depuis sa rédaction au mois de septembre dernier.

Après plus d’une heure de débats parfois vifs, au cours desquels les arguments favorables au projet ont également été énoncés (bien que contestés un à un), les opposants ont inscrit sur le registre d’enquête un résumé de leurs arguments, signé par la plus grande partie d’entre eux. Ils ont terminé leur intervention par une conférence de presse avec le soutien d’autres associations (Sources et Rivières du Limousin, Réseau pour les Alternatives Forestières) au cours de laquelle a été répétée leur opposition à cette «fuite en avant». Ils sont finalement repartis en annonçant qu’ils reviendraient exposer leurs arguments à la population lors des futures visites du commissaire enquêteur. La prochaine permanence de celui-ci aura lieu le lundi 20 novembre, de 13h30 à 16h30, à la mairie de Viam.

Les documents de l’enquête publique sont consultables sur le site internet de la préfecture de la Corrèze à l’adresse suivante  :

www.correze.gouv.fr/Publications/Annonces-avis/Enquetes-publiques

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Usine à pellets d’Égletons en Corrèze.


Une pétition en soutien au projet

Une pétition a été lancée par des commerçants et des artisans de Bugeat en soutien au projet industriel. Dans leur communiqué, les pétitionnaires répondent aux craintes de «l’apocalypse» avancées par les opposants par une autre inquiétude «ne devenons pas un désert rural et permettez-nous de vivre et de travailler au pays de Bugeat». Dans leur texte, ils constatent le fait que le projet entraînera des nuisances mais qu’en contrepartie «il y a la création de 25 emplois directs, donc l’installation possible de plusieurs familles». Ils soulignent que l’usine à pellets pourrait être profitable à une meilleure gestion de la forêt limousine avec de nouvelles plantations grâce à la valorisation des  branches et des souches.

L’article de L-Echo.info est ici.

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