Projet d’usine à pellets en Haute-Corrèze : l’enquête publique débute.

524  Un article de France Bleu Limousin, par Nicolas Blanzat, le 13/11/2017.

Le projet divise déjà la population près de Bugeat. Il y a d’un côté des opposants qui redoutent différentes nuisances et des conséquences sur l’environnement. Il y a de l’autre côté des partisans pour des raisons économiques dans un territoire fragile. Tous ont un mois pour s’exprimer.

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L’enquête publique d’un mois démarre ce mardi 14 novembre et jusqu’au vendredi 15 décembre en Haute-Corrèze. Elle va permettre aux uns et aux autres de dire par écrit ce qu’ils pensent d’un projet d’ampleur : celui de l’entreprise Somival qui veut racheter et investir 20 millions d’euros sur la zone bois de Viam-Bugeat, à l’abandon depuis dix ans, pour construire une usine de pellets torréfiés. A la clé, 20 à 25 emplois directs. Des riverains s’opposent à cette construction en évoquant des nuisances sonores, olfactives, la circulation des camions et l’impact sur la forêt limousine car l’objectif est de prélever 100.000 tonnes de souches d’arbres et de branchages issus des environs pour fabriquer 45.000 tonnes de pellets par an.

Le projet a aussi ses partisans

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Usine à pellets de Marienbourg en Belgique

De l’autre côté, des partisans à ce projet font également entendre leurs voix. « A ceux de chez nous qui promettent l’apocalypse, nous répondons simplement : ne devenons pas un désert rural et permettez-nous de travailler et vivre au pays de Bugeat ». Voilà ce qu’on peut lire sur le tract du comité de soutien qui s’est structuré autour des commerçants de Bugeat et des environs, mais aussi des artisans et des élus locaux. Tous défendent l’intérêt économique qui découle de ce projet pour l’avenir de ce territoire fragile.

Une réunion avec les porteurs de projet devrait avoir lieu, mais après l’enquête publique au cours de laquelle la population est invitée à se prononcer en mairie de Viam ou sur le site internet de la préfecture de la Corrèze.

L’article de France Bleu Limousin est ici.


Commentaire : ce projet va s’installer sur le plateau de Millesvaches, entre Bugeat et Viam, alors qu’une usine de pellets existe déjà à Egletons, distant de 20 km et dont les habitants se plaignent du bruit des broyeurs et des passages de camions. Sur le site internet du promoteur, on peut lire les (…) «  avantages du bois-énergie en termes de développement durable et de bilan carbone. » Outre le fait que le bois-énergie ne peut pas être classé dans le développement durable car il faut au moins 80 ans pour faire repousser une forêt (qui était un puits de carbone avant d’être coupée), plusieurs articles scientifiques, relayés sur ce blog, nous expliquent que brûler de la biomasse est plus polluant que brûler du charbon, sauf en ce qui concerne l’oxyde de soufre. Des données de centrale en activité indiquent que la biomasse émet 98% de la quantité d’oxyde d’azote d’un volume équivalent de charbon bitumineux, 51% de plus de CO2 et un niveau global comparable de particules, sauf que la biomasse émet davantage de particules fines (PM10) et encore beaucoup plus de particules plus fines et plus dangereuses (PM2.5). Les dioxines – particules chimiques les plus toxiques – sont émises en quantité 7 fois supérieures à la combustion du charbon.

Par ailleurs et conformément à la convention d’Aarhus, la charte de la concertation a pour objectif de promouvoir la participation des citoyens aux projets qui les concernent, par l’information la plus complète, l’écoute de leurs attentes ou de leurs craintes, l’échange et le débat. Et la charte de l’environnement proclame pour tous (art. 7) le droit à l’information et le droit de participer à l’élaboration des politiques publiques ayant une incidence sur l’environnement. La réunion publique proposée par le promoteur aurait dû avoir lieu avant l’enquête publique, puisque son but est d’informer la population avant qu’elle ne se prononce.

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