Brûler des arbres pour produire de l’énergie n’est pas une solution pour enrayer le changement climatique.

506  Un article de Fern.org, publié le 04/10/2017.

Cette publication décrit comment l’utilisation du bois comme source d’énergie renouvelable peut augmenter les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Expliquant ainsi une fausse croyance selon laquelle toute utilisation de la biomasse est «neutre en carbone» et comment l’utilisation de biomasse peut réduire la capacité des forêts à agir comme puits de carbone. Le problème est accru car les outils stratégiques existants tels que la gestion durable des forêts et la comptabilité LULUCF n’assurent pas que l’utilisation de la bioénergie réduise réellement les émissions de CO2. L’auteur conclue avec des recommandations pour arriver à une politique de l’UE qui assure une utilisation durable du bois comme source d’énergie.

509

Extrait :

La biomasse et les combustibles fossiles rejettent du dioxyde de carbone lors de leur combustion et contribuent ainsi tous deux au réchauffement planétaire.

(…) L’UE réfléchit actuellement au moyen d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé pour 2030, à savoir 27 % d’énergies renouvelables. La Commission européenne devrait proposer de nouvelles politiques concernant les énergies renouvelables et la viabilité de la bioénergie. Ces politiques devront tenir compte du coût réel de la biomasse. Avoir recours de façon illimitée au bois pour produire de l’énergie ne fera qu’accroître la disparition des forêts et de la biodiversité en Europe et dans le monde et n’aura que peu, voire pas, d’effets sur le changement climatique. Passé 2020, le meilleur moyen de réduire les gaz à effet de serre émanant de la bioénergie sera de restreindre l’utilisation de cette dernière.

Contrairement à l’énergie solaire et éolienne, la combustion de la biomasse émet des gaz à effet de serre, et notamment du dioxyde de carbone (CO2). Bien que la bioénergie puisse réduire les émissions de CO2 résultant de l’utilisation des combustibles fossiles, les émissions de CO2 dues à la production de bioénergie (par exemple lors de sa transformation, de son transport et de sa combustion) sont elles aussi conséquentes et pourraient même augmenter. Il est particulièrement important de tenir compte des émissions résultant de l’exploitation forestière et de l’utilisation des terres pour déterminer si la bioénergie peut permettre de réduire les émissions par rapport aux combustibles fossiles, mais ce point n’est pas suffisamment étudié dans la politique actuelle de l’UE. (…)

507

3. Conclusion et recommandations

Pour pouvoir respecter l’accord de Paris, il faut agir dès maintenant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le CO2 émis lors de la combustion de la biomasse réchauffe l’atmosphère tout autant que le CO2 émis par les combustibles fossiles. La décision de produire de l’énergie à partir du bois peut certes permettre de conserver une petite quantité de combustibles fossiles dans le sol pendant un peu plus longtemps, mais augmentera très certainement les émissions de CO2 dans l’atmosphère pendant des décennies, voire des siècles. Pour atténuer les effets du changement climatique, il est donc indispensable d’éviter les émissions résultant de la combustion du bois issu des forêts et de n’autoriser qu’une biomasse « additionnelle ».

L’investissement actuel de l’UE dans la bioénergie constitue donc une stratégie d’atténuation des effets du changement climatique qui n’est ni valable ni efficace. Ceci, car si son utilisation n’est pas restreinte, elle réduira les autres rôles que jouent les forêts et la biomasse dans l’atténuation des effets du changement climatique. La capacité des forêts à atténuer les effets du changement climatique ne devrait pas reposer sur son utilisation comme source d’énergie alternative, mais sur sa capacité à accumuler des stocks de carbone si on la préserve, et sur le remplacement des matériaux produisant beaucoup de carbone, comme le béton et l’aluminium, par du bois. C’est actuellement l’inverse qui se produit : les États membres prévoient une diminution du puits de carbone d’ici à 2030, et une transformation des secteurs forestiers de certains États membres en sources nettes de carbone, en partie du fait de l’augmentation des récoltes à des fins bioénergétiques.

L’UE ne doit pas s’appuyer sur l’UTCATF ni sur les règles nationales de gestion durable des forêts pour encourager le maintien des réservoirs de carbone. Ces systèmes ne sont pas adéquats pour garantir des réductions conséquentes et vérifiables des émissions de gaz à effet de serre émanant de la production de bioénergie. La viabilité devrait être assurée grâce à une révision des politiques relatives aux énergies renouvelables et à la bioénergie, car ce sont ces politiques qui génèrent une hausse de la demande et qui détournent la biomasse des forêts et des utilisations matérielles. (…)

508

L’article de Fern est ici.

Cliquez ici pour télécharger le document complet.

Cet article a été publié dans Dérèglement climatique, Filière bois-énergie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.