Alerte rouge pour nos abeilles sauvages.

114-1  Un article de La Voix du Nord, par Yannick Boucher, le 02/09/2017.

Moins connues que les domestiques des ruches, les abeilles sauvages et solitaires sont encore plus essentielles à la pollinisation des fleurs et des plantes. Toute une petite faune en danger dans notre région qui tente de la sauver. Comme à Anor, l’un des petits paradis de l’Avesnois.

Et subitement surgissent les vieux maîtres au tronc ancestral, une rangée majestueuse, comme une herse de houppiers irradiant d’énergie. D’immenses chênes pédonculés en rang moyenâgeux défendant la nature de ce lieu «renaturé». Il y avait à Anor, à quelques centaines de mètres de la frontière belge, un petit parc d’attractions. La Galoperie fut aimée par des générations d’enfants de Thiérache qui, à présent devenus grands, y retrouvent un site de 47 hectares d’étangs forestiers typiques de la Fagne, un site superbe entièrement recolonisé par les bois et la prairie humide.

«Ce site est rare à l’échelle de la région, les habitats naturels y sont exceptionnels», assure Baptiste Hubert, notre guide du conservatoire d’espaces naturels (CEN) qui racheta la Galoperie en 2013 avec une mairie soucieuse de préserver ce précieux capital naturel.

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L’étang de la Galoperie à Anor, site de 47 hectares, était un parc d’attractions. Mais la nature a repris ses droits.

La visite aurait pu valoir pour le Cincle plongeur, un petit oiseau à gorge blanche qui file au raz des eaux vives, chasseur craintif d’insectes aquatiques et seulement présent en région ici, dans ce haut Avesnois des contreforts ardennais. Ou pour le Pouillot siffleur, un oiseau décimé, toujours en régression, amoureux des bois denses, là où l’homme a laissé pousser la forêt sans y trop intervenir. Mais nous avons porté l’attention sur les bourdons, les syrphes et les abeilles solitaires.

Sauver l’abeille pour ne plus avoir le bourdon

Les pollinisateurs sauvages, les « mouches à miel » comme on disait dans les herbages. Un millier d’espèces en France, entre 300 et 400 dans le Nord – Pas-de-Calais. C’est bien trop peu dans une région qui – triste record d’hécatombe – perd 1,4 espèce végétale par an. Près de 80 % de notre flore sauvage dépend des pollinisateurs et il faut les protéger.

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Un plan d’action transfrontalier Sapoll active les leviers de l’observation des espèces. C’est un défi à relever avec le grand public, avec chacun d’entre nous. Signalons les abeilles solitaires, renonçons aux pesticides chimiques, plantons les semis de notre région. Sauver l’abeille pour ne plus avoir le bourdon. À portée de citoyen, c’est une belle ambition.

L’article de La Voix du Nord est ici.


Commentaire :

Le site de La Galoperie (47 hectares) est situé à 2 km du projet de l’ex-future usine de pellets, sur le même bassin versant et à la même altitude. A portée de fumées donc. La Voix du Nord dit d’Anor que c’est «l’un des petits paradis de l’Avesnois» et le Conservatoire d’Espace Naturel (CEN) qualifie le site de «véritable mosaïque d’écosystèmes» ou encore «site rare à l’échelle de la région». Qui pourrait encore croire que ce projet « d’usine de l’ancien monde » n’aura aucune incidence sur la réserve naturelle protégée de La Galoperie. Le CEN ne peut ignorer plus longtemps un projet d’usine qui polluera ce capital naturel.

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Deux kilomètres séparent le projet d’usine à pellets industriels d’Anor et la réserve naturelle régionale de la Galoperie.

 

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