A partir du 2 août, l’humanité vit à crédit.


115 Un article d’Actu environnement, par Dorothée Laperche, le 02 août 2017.

A partir du 2 août, l’humanité aura consommé toutes les ressources que la planète peut lui fournir en un an selon Global Footprint Network. Elle va donc vivre à crédit pour le reste de l’année. Des solutions existent pour inverser la tendance.

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Chaque année, l’épuisement du stock de ressources naturelles que la planète peut produire en douze mois intervient de plus en plus tôt. L’organisation non gouvernementale Global Footprint Network a en effet estimé qu’en 2017 notre consommation « à crédit » commencerait le 2 août.

Cette date s’est progressivement décalée au fil des années : ainsi en 8 ans, elle est passée de fin septembre à début août (le 8 août l’année dernière, le 13 août en 2015, le 19 août en 2014, le 20 août en 2013, le 22 août en 2012, le 27 septembre en 2011, le 21 août en 2010 et le 25 septembre en 2009). Pour comparaison, en 1992, ce jour était survenu le 21 octobre tandis qu’en 2002, l’ONG l’estimait au 3 octobre. La bascule vers la surconsommation aurait débuté au mCet outil d’alerte a été conçu par Andrew Simms du think tank britannique « New Economics Foundation ». Il repose sur le calcul suivant : la division de la biocapacité mondiale (les ressources écologiques que la Terre est capable de générer en un an) par l’empreinte écologique mondiale (la demande annuelle de l’humanité), multipliée ensuite par le nombre de jours dans une année (365).

5,2 terres pour une consommation mondiale comme l’Australie

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Dans le palmarès des pays qui creusent leur dette écologique figure en première position l’Australie. Si la population mondiale vivait comme cette dernière, il faudrait 5,2 terres pour assurer l’ensemble de ses besoins. Elle est suivie des Etats-Unis (5 planètes), la Corée du Sud (3,4), la Russie (3,4), l’Allemagne (3,2), la Suisse (3,1), la France et le Royaume-Unis (3). Les plus sobres du classement de l’ONG restent les Indiens avec 0,6 planète. Au final, au niveau mondial, les besoins requièrent l’équivalent de 1,7 planètes.

En cause : la surpêche, la surexploitation des forêts et l’émission de plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère que les forêts ne peuvent séquestrer.

Global Footprint Network considère qu’à l’heure actuelle, les émissions de carbone représentent 60% de l’empreinte écologique de l’humanité. Pour l’ONG toutefois, ce constat implique aussi que réduire de moitié ces dernières permettrait de repousser d’environ trois mois le jour du « dépassement ». Cette baisse entraînerait une dette écologique moins colossale : un besoin de 1,2 Terre contre 1,7 aujourd’hui.

« Notre planète est limitée, mais les possibilités humaines ne le sont pas. Vivre selon les moyens que nous accordent notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère. Tout l’enjeu est de faire reculer la date de la Journée du dépassement mondial, souligne Mathis Wackernagel, PDG du Global Footprint Network. L’empreinte carbone de l’humanité a plus que doublé depuis le début des années 1970 et reste le moteur le plus puissant creusant l’écart entre l’empreinte écologique et la biocapacité de la planète« .

Les solutions existent déjà

L’ONG s’appuie notamment sur les résultats du projet Drawdown qui regroupe différents experts tels que des géologues, des ingénieurs, des agronomes, des chercheurs, des climatologues, des biologistes, etc. Ces derniers se sont penchés sur les solutions existantes pour réduire les émissions de CO2. Parmi les pistes qui permettraient une importante réduction du CO2 atmosphérique en 2050 figurent : une meilleure gestion des frigorigènes (89,74 tonnes d’équivalent CO2), le développement des éoliennes terrestres (84,6), la réduction du gaspillage alimentaire (70,53), une alimentation riche en plantes (66,11) et une préservation de la forêt tropicale (61,23).

L’ONG met également en avant une autre étude publiée en 2010 de McKinsey & Company’s « Pathways to a Low-Carbon Economy « . Celle-ci considère qu’il est possible de réduire les émissions de gaz à effet de serre et contenir le réchauffement climatique à 2°C, si toutes les grandes régions du monde et secteurs prennent des mesures ambitieuses.

« Les opportunités peuvent être regroupées en trois catégories de mesures techniques : l’efficacité énergétique, la production d’énergie sans carbone et les réserves de carbone terrestre, indique le rapport. Capter ce potentiel sera un défi majeur: il faudra des changements à grande échelle : une forte action et un engagement intersectoriel, un solide cadre politique. Bien que les coûts et les investissements semblent faciles à gérer au niveau mondial, ils risquent d’être difficiles pour les secteurs individuels ».

« Nous connaissons les solutions qui nous permettront de changer de modèle de développement pour ne plus creuser notre dette écologique. Qu’attendons-nous pour accélérer la cadence ? « , a réagi Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

L’article d’Actu Environnement est ici.

 

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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