Le plan climat de Nicolas Hulot ne se fera pas sans les forêts.


200  Un article de Forestopic, par Chrystelle Carroy, le 10 juillet 2017.

Le plan climat, lancé par le ministre de la Transition écologique et solidaire, entend encourager la gestion forestière en France et aussi mettre fin à la « déforestation importée ».

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« Mobiliser le potentiel des écosystèmes et de l’agriculture pour lutter contre les changements climatiques. »

C’est l’un des axes du plan climat de la France, énoncé par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, lors du lancement de ce programme, le 6 juillet 2017, à Paris. Égrenant un chapelet de mesures, le plan climat entend amplifier le rôle des forêts françaises dans le stockage du carbone et endiguer la « déforestation importée ».

Encourager une gestion « active et durable » des forêts

Pour les forêts françaises, le plan climat annonce :

« Nous accompagnerons les propriétaires fonciers pour une incitation à la gestion active et durable de leurs biens, tout en les protégeant des risques de tempêtes ou évènements catastrophiques qui pourraient résulter du changement climatique et ainsi préserver la capacité de stockage des écosystèmes forestiers. »

À ce titre, le ministère de la Transition écologique exerce notamment, avec celui de la Recherche et de l’Innovation, la tutelle de l’Ademe. Compétente pour ce qui est de la maîtrise de l’énergie, l’agence gouvernementale compte parmi ses champs d’action le bois énergie et la construction durable.

En ligne de mire, les produits contribuant à la déforestation.

Concernant l’approvisionnement à l’international, Nicolas Hulot a déclaré :

« Le plan climat prévoit de mettre rapidement fin à cette déforestation importée, c’est-à-dire aux produits qui conduisent à la destruction des trois grands bassins de forêt tropicale du monde, l’Amazonie, l’Asie du Sud-Est et le bassin du Congo, par exemple pour la production d’huile de palme ou de soja non durables. »

Huile de palme et soja peuvent entrer dans la composition de biocarburants ou de l’alimentation du bétail. Une stratégie nationale doit être élaborée d’ici à mars 2018, en vue de cesser les importations de produits forestiers ou agricoles contribuant à la déforestation.

Face à ce vaste chantier en perspective, Cyrille Cormier, chargé du climat et de l’énergie à Greenpeace France, s’interroge sur le blog de l’ONG :

« Nicolas Hulot aura-t-il la main face au ministère de l’Agriculture sur ce type de questions ? »

Énergies renouvelables, prix du carbone.

Le plan climat vise, selon Nicolas Hulot, à « accélérer » la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat. Il fixe le cap de la neutralité carbone d’ici à 2050. Dans cette optique, les services écosystémiques viennent en complément de l’arrêt annoncé des centrales électriques à charbon ou de la mise en avant de la « finance verte ».

De portée générale, le plan quinquennal comprend notamment des mesures destinées à tenir des engagements du gouvernement précédent. C’est le cas pour deux promesses de la loi sur la transition énergétique de 2015. Nicolas Hulot annonce ainsi vouloir « simplifier le cadre » des énergies renouvelables, afin de porter leur part à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en France d’ici à 2030 – le bois énergie reste aujourd’hui la première source d’énergie renouvelable du pays. Quant au prix du carbone à 100 euros la tonne en 2030, c’est un objectif que devrait intégrer le projet de loi de finances 2018.

L’article de Forestopic est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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