Journée internationale de la biodiversité : l’état des lieux appelle à redoubler d’efforts.


155  Un article de France Nature Environnement, le 22 mai 2017.

Alors que l’on célèbre aujourd’hui la journée internationale de la biodiversité, l’Observatoire national pour la biodiversité vient de publier ses indicateurs 2017. Un bilan inquiétant qui pousse France Nature Environnement à alerter sur le manque d’ambition des politiques de biodiversité en France et la nécessité de relancer la dynamique Natura 2000 à l’échelle européenne.

Zone projet

Ici, à Anor, la biodiversité est irremplaçable !

Indicateurs 2017 sur la situation de la biodiversité en France : un constat alarmant.

L’Observatoire national de la biodiversité publie annuellement des indicateurs sur la situation de la biodiversité en France, dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité. Ces indicateurs, précieux pour connaître l’état de la biodiversité en France et les pressions qu’elle subit, rappellent notamment que :

  • Seuls 22 % de l’ensemble des milieux naturels d’intérêt européen sont évalués en bon état de conservation ;
  • Moins de la moitié (43 %) des eaux de surfaces sont considérées comme étant en bon état ;
  • Un tiers (31%) des espèces sont menacées ;
  • L’abondance des oiseaux communs spécialistes d’un habitat a diminué de 23 % entre 1989 et 2015 et celle des chauves-souris de 46 % entre 2006 et 2014.

Des pressions importantes sur les prairies et le littoral.

En métropole, les surfaces de grands espaces toujours en herbe diminuent. Les milieux dits « ouverts », constitués des prairies, pelouses sèches et pâturages constituent le premier milieu détruit par l’artificialisation, avec près de 52 000 ha perdus entre 1990 et 2012. « Même dans les zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique, ces milieux ouverts représentent les milieux les plus détruits, explique Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement en charge des questions de biodiversité. Ces milieux pâtissent de l’intensification et des changements des pratiques agricoles, ainsi que de l’artificialisation. »

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C’est sur ces terres agricoles qu’une usine de pellets pourrait voir le jour.

En effet, l’artificialisation en métropole ou en Outre-Mer est toujours aussi forte. La fragmentation de nos régions et des cours d’eau demeure importante et la consommation de produits phytosanitaires en usage agricole continue d’augmenter. De la même manière, les espaces littoraux sont soumis à des pressions élevées : la pression démographique sur le littoral métropolitain est estimée à 630 habitants au km², contre 152 sur l’ensemble du territoire.

Vers un engagement de tous pour plus d’actions concrètes ?

Ces indicateurs montrent que l’érosion de la biodiversité se poursuit et que les réponses apportées à ce jour n’ont pas suffi à inverser la tendance. À titre d’exemple, seuls 5 % des espèces menacées bénéficient d’un plan national d’action. De plus, le réseau métropolitain d’aires protégées est considéré comme satisfaisant ou partiellement satisfaisant pour seulement 24 % des espèces devant en bénéficier.

Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « les indicateurs sur la biodiversité en 2017 montrent que la « reconquête » érigée en loi en 2016 réclame moyens et décisions d’importance. Pertes de biodiversité et changements climatiques sont liés : pour soutenir les actions de lutte contre les changements climatiques, nous appelons le nouveau président de la République et le gouvernement à agir et à multiplier les actions concrètes de préservation de la biodiversité. À l’échelle européenne, la priorité est de relancer la dynamique Natura 2000, mise en place dans le cadre de la directive Habitats-Faune-Flore. Si celle-ci a permis de belles avancées, la Commission Européenne et le gouvernement français doivent désormais prendre les mesures nécessaires pour renforcer son efficacité ».

L’article de FNE est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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