La pollution sonore perturbe les écosystèmes naturels.


317  Un article du site « La relève et la peste », par Antoine Puig, le 09 mai 2017.

Selon plusieurs études, le bruit des activités humaines met en danger la faune sauvage, notamment en modifiant leurs comportements naturels jusque dans les habitats les plus reculés. Un constat qui appelle l’humanité à mieux prendre en compte les sensibilités acoustiques variées qui composent la nature, et à cultiver le silence.

Bruit de fond.

Beaucoup d’espèce animales sont dotées d’une ouïe bien supérieure aux capacités humaines ; le loup, par exemple, possède un spectre auditif deux fois plus large (jusqu’à 40 kHz, quand l’homme est limité à 20 kHz) qui lui permet de mieux entendre et plus loin. Pourtant, nous ne prenons pas assez en compte l’impact universel de notre bruit sur la vie sauvage, jusque dans les zones les plus éloignées et les plus protégées.

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Selon une étude récemment publiée dans la revue Science, la pollution sonore met en danger les écosystèmes naturels partout, même dans les zones protégées. Première étude à être menée à si grande échelle (492 sites protégés aux États-Unis, qui possèdent des réserves naturelles sur 14% de leur territoire), cette initiative prouve que le bruit d’origine humaine (ou bruit anthropique), produit par les transports, les activités industrielles et les chantiers, se répand partout : ainsi, la pollution sonore liée aux humains double le bruit de fond dans 63 % des aires protégées, et le multiplie par dix dans 21 % de ces zones.

Quand le son modifie les comportements.

Au-delà du constat, cette étude rejoint plusieurs autres travaux scientifiques mettant en évidence le danger que représente une exposition anormale au bruit pour les espèces animales : « le bruit des hommes peut empêcher un animal d’entendre d’autres sons importants, qui lui permettent de se diriger, de chercher de la nourriture, de défendre son territoire, d’éviter des prédateurs, d’attirer un partenaire ou de maintenir des groupes sociaux », explique Rachel Buxton, chercheuse à l’université d’Oxford.

Le danger peut venir sous plusieurs formes : d’abord, le bruit peut détériorer directement les organes auditifs des animaux, en général plus sensibles que l’homme, et les rendre vulnérables : il en est allé ainsi par exemple pour les calamars géants retrouvés échoués en Espagne, à la suite d’une étude géophysique. En effet, le canon à air utilisé par les géophysiciens a provoqué des lésions dans les organes sensoriels des calamars ; désorientés, ceux-ci se sont massivement échoués sur les côtes. Sans créer de lésion, le bruit peut aussi provoquer du stress et donc des troubles de la reproduction, comme chez les rainettes.

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Ensuite, le bruit peut forcer les espèces sauvages à modifier leur comportement naturel pour s’y adapter : c’est le cas de la mésange des villes, qui a été contrainte d’augmenter la fréquence de son chant pour couvrir les nuisances sonores de la ville, ou encore des cachalots, qui suivent les expéditions géologiques citées plus haut parce que le canon à air attire et affaiblit leurs proies, les calmars géants.

Presque plus de zones à l’abri du bruit.

Pour l’espèce humaine autant que pour la vie sauvage, il est crucial de préserver des zones à l’abri de la pollution sonore. Les conclusions de l’étude de la revue Science rejoignent le travail du bio-accousticien Gordon Hempton, qui sillonne le monde depuis 35 ans à la recherche de zone exemptes de pollution sonore : selon lui, il n’en resterait qu’une cinquantaine. Il ne s’agit pas de zones silencieuses – celles-ci n’existent pas – mais de zones sans bruit anthropique pour l’ouïe humaine (pour bien faire, il faudrait mesurer avec la sensibilité des animaux à la meilleure ouïe).

Il nous faut donc renforcer la protection des zones sans bruit, car celui-ci se propage trop facilement sur des kilomètres, jusque dans les réserves naturelles (14 % de celles-ci subissent un bruit multiplié par dix) ou jusqu’au fond de l’océan (au fond de la fosse des Mariannes, à plus de 10km de profondeur, la sonde « Challenger Deep » enregistre le vrombissement de moteurs à la surface).

Garder le silence, c’est prendre soin d’une faculté essentielle : « si certaines espèces sont aveugles, aucune n’a survécu à la sélection naturelle sans être capable de percevoir les bruits qui trahissent un prédateur en approche », nous rappelle Gordon Hempton. Pour les animaux comme pour l’espèce humaine, le calme et l’absence de pollution sonore sont facteurs de bonne santé. Rendre cette quiétude aux espèces sauvages, c’est aussi prouver notre capacité à écouter et apprécier le silence.

L’article est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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