Au cœur de l’Angleterre, une forêt high-tech mesure l’impact du CO2.


 

306  Un article de Numerama, par Nelly Lesage, le 17 avril 2017.

Dans la forêt de Mill Halft en Angleterre, une équipe de spécialistes a mis au point une expérience au protocole futuriste pour observer l’impact du CO2 sur les arbres. Ils cherchent à observer si les végétaux compenseraient les taux de gaz annoncés pour la moitié du 21e siècle dans l’atmosphère.

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Vue de la forêt de Mill Haft

Tandis que la Chine s’apprête à accueillir sa première forêt verticale anti-pollution en 2018, le Royaume-Uni aussi se tourne vers la technologie pour préserver et mieux comprendre l’impact des phénomènes climatiques sur les forêts. Dans le comté de Staffordshire, situé dans le centre de l’Angleterre, une forêt entière accueille ainsi une expérimentation destinée à mesurer l’impact du dioxyde de carbone sur son écosystème.

Le projet est porté par Rob MacKenzie, directeur du Birmingham Institute of Forest Research (BIFoR), également professeur à l’Université de Birmingham en géographie et sciences de l’environnement. Accompagné de toute une équipe de chercheurs, il a mis au point un véritable laboratoire extérieur dans la forêt de Mill Haft, rapporte le site de la BBC. Les arbres de la forêt ont en effet été entourés par des mâts de vingt-cinq mètres de hauteur, qui propagent de fortes quantités de dioxyde de carbone. L’intégralité du site est fermé à l’aide d’une clôture de trois mètres de haut. Pour parfaire ce décor digne d’un film de science-fiction, de longs tuyaux argentés serpentent le long du sol entre les arbres.

Une forêt coupée du reste du monde.

En menant ce protocole expérimental, les chercheurs espèrent pouvoir déterminer comment les forêts réagiront aux forts taux de dioxyde de carbone annoncés pour le milieu du 21e siècle. Pour ce faire, la forêt a nécessairement dû être coupée du reste du monde, pour éviter qu’une intervention humaine ne vienne perturber les résultats de l’expérience.

Comme le souligne la BBC, le rôle des végétaux par rapport à la présence de dioxyde de carbone dans l’atmosphère est l’un des rares éléments sur lesquels il est possible de se baser, face aux nombreuses inconnues de la climatologie. Selon les chercheurs, le CO2 est un engrais végétal ; à ce titre, les chercheurs estiment que si la molécule est de plus en plus présente dans l’atmosphère, les arbres en absorberont d’autant plus.

Néanmoins, cet effet fertilisant pourrait être limité au cours du temps par d’autres facteurs, tels que le manque de nutriments, d’eau ou la hausse des températures. Selon Rob Mackenzie, les scientifiques auraient en effet surestimé la capacité des arbres à tempérer le changement climatique par leur absorption du dioxyde de carbone.

« La Terre nous offre un fantastique service gratuit en absorbant le dioxyde de carbone, et il y a des incertitudes quant à la quantité de carbone qui entrera dans les sols… mais il n’y a aucune chance pour que cela compense les changements climatiques », explique le chercheur de l’Université de Birmingham à la BBC.

Malgré ce tableau plutôt pessimiste de la situation, le chercheur lance avec ce premier protocole dans le Staffordshire une série de plusieurs expériences qui seront menées dans d’autres pays, chacune ayant l’objectif d’observer l’effet du dioxyde de carbone sur un environnement forestier. Vous pouvez suivre l’évolution de cette expérience sur expérience sur le site du BIFoR, qui publie chaque jour une nouvelle photo de la forêt.

L’article est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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