Les arbres ont une incroyable vie secrète que nous ignorons.


302  Un article du site POSITIVR, par Mélissa Becquet, le 04 avril 2017.

Dans son récit publié en janvier 2007, Peter Wohlleben raconte la vie secrète de ces végétaux qui se révèlent pleins de ressources.

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À Bali, certains arbres sont habillés d’un tissu parce qu’ils sont considérés comme des entités à part entière. Ils seraient habités par des forces vitales et les offrandes déposées à leurs pieds les aideraient à s’apaiser. Dans son livre La Vie secrète des arbres, le forestier allemand, Peter Wohlleben, prête aux arbres des caractéristiques humaines. Mais qu’est-ce qui se trame exactement sous leur feuillage ?

Ils sont immobiles mais pas pour autant inactifs. Ils ressentent la solitude, la douleur, entretiennent des liens d’amitié, ils sont prévoyants et ont développé d’incroyables capacités de communication invisibles qui leur permettent d’échanger des informations entre eux… Les arbres sont plus humains que ce que nous pensons.

À la tête d’une forêt sur la commune de Hümmel, dans la région de l’Eifel en Allemagne, Peter Wohlleben s’en occupe aujourd’hui avec amour. Pourtant, il n’a pas toujours été un fervent gardien de la nature. Plus jeune, il est responsable d’une forêt de 3 000 hectares et voit les arbres uniquement comme de la marchandise. Il abat des espèces centenaires et répand des insecticides. Il écrit :

« Quand j’ai commencé ma carrière, j’en savais à peu près autant sur la vie secrète des arbres qu’un boucher sur la vie affective des animaux. Je me suis rendu compte que je détruisais davantage la nature que je ne contribuais à la préserver. »

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Dans son livre, on y apprend que c’est grâce à leurs racines que les arbres captent non seulement l’eau du sol mais s’échangent des nutriments et communiquent. Mais quel genre de message peuvent-ils bien s’envoyer ?

Des messages d’alerte par exemple. Face à un prédateur qui mange ses feuilles, l’arbre en modifie leur composition chimique pour repousser l’animal tout en émettant un gaz qui, transmis par le vent, alerte aussitôt ses congénères. L’arbre est intelligent.

Et quand le gaz n’est pas efficace, les êtres de bois utilisent leur réseau sous-terrain, leurs racines et les hyphes de champignons (filaments blancs), pour avertir d’une agression extérieure. L’arbre est solidaire.

Cette entraide vaut aussi quand un arbre de la même espèce est malade. Son voisin le plus proche lui envoie alors des nutriments par les racines pour l’aider à retrouver de l’énergie. L’arbre est généreux.

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L’arbre et la forêt.

Mais souvent, par ignorance, l’homme ne respecte pas l’incroyable être vivant qu’il constitue et n’hésite pas à l’abattre pour son bois ou à anéantir son environnement. À travers son livre, Peter Wohlleben appelle à la prise de conscience et écrit :

« Quand on sait qu’un arbre est sensible à la douleur et a une mémoire, que des parents-arbres vivent avec leurs enfants, on ne peut plus les abattre sans réfléchir, ni ravager leur environnement en lançant des bulldozers à l’assaut des sous-bois. »

L’article est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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