L’usine à pellets a du plomb dans l’aile.

120  Un article du journal belge L’Avenir, par Matthieu Guérin, le 08 mars 2017.

L’autorisation d’exploiter, délivrée en décembre 2014 par le préfet du Nord, vient d’être annulée par le tribunal administratif de Lille.

En mars, le conseil communal momignien était alerté, par la voix du conseiller de l’opposition Jean-Marc Poullain, d’un projet de construction sur le territoire d’Anor, d’une importante usine destinée à fabriquer des granulés de bois à des fins industrielles. Celle-ci étant de surcroît autorisée à exploiter des bois souillés, la crainte de ses riverains, français mais belges également, était importante quant à l’impact sur l’environnement proche. Une association citoyenne, Anor Environnement, opposée à ce projet économique, était d’ailleurs venue au conseil communal momignien du 3 mai dernier. Laurent Caux, Anorien et président de l’association, y avait démontré la catastrophe écologique que cette usine causerait pour la région.

A ce moment déjà, le collectif citoyen avait déposé un recours auprès du tribunal administratif de Lille. Le juge a rendu son verdict le 28 février. Celui-ci annule l’autorisation d’exploiter, délivrée par le préfet du Nord au promoteur du projet, la société Jeferco, pour absence de capacité financière démontrée.

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Appel peu probable.

« Nous venons de gagner une grande bataille, mais la guerre n’est peut-être pas terminée« , précise toutefois Laurent Caux. Le promoteur, tout comme l’état, peut en effet faire appel, dans les 2 mois. « A 99%, je doute toutefois de la probabilité d’un appel« ,  précise-t-il. En effet, un tel appel ne serait pas suspensif.  » S’il veut une suspension du jugement, le promoteur devra attendre au moins 6 mois, voire un an« . Or, l’arrêt du préfet du Nord autorisant l’exploitation expirera naturellement en décembre, après trois ans d’existence.

Le jugement de février rejette un moyen de procédure lié au financement du projet. « Cela ne veut pas dire que le moyen de fond, l’atteinte au milieu naturel, est implicitement rejeté. Le juge n’a en effet pas statué sur celui-ci« . S’il souhaite voir son usine fonctionner un jour, le promoteur devra donc tout revoir à zéro, demander une nouvelle autorisation d’exploiter et repartir pour un long cycle de procédures ; ou tenter un appel incertain pour lui, puisqu’il risque alors une annulation totale de son projet.

« L’ex-future usine de pellets« , comme la nomme déjà Laurent Caux, n’est donc pas prête à voir le jour dans la campagne Avesnoise. Les habitants d’Anor et de ses voisins belges de Beauwelz et Momignies peuvent donc respirer.

L'avenir - 2017-03-08_1

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