L’usine à pellets d’Anor recalée !


123  Un article de La Nouvelle Gazette-Sambre et Meuse, par Gwendoline Fusilier, le 03 mars 2017.

Les habitants frontaliers avaient peur des nuisances dues au bois. Souvenez-vous, nous vous en parlions en avril dernier : la société Jeferco avait décidé de construire et d’exploiter la plus grande usine de pellets d’Europe à Anor, à la frontière belge. Très vite, un groupe d’opposants « Anor Environnement », rejoint par des habitants de Momignies, Chimay…, s’était créé et avait déposé un recours au tribunal. Ce dernier a enrayé l’autorisation ce mardi.

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Le projet de construction d’une usine à pellets au cœur du village d’Anor (France) semble bien prendre l’eau. En effet, le Tribunal Administratif de Lille a rendu son jugement ce mardi. Il annule l’arrêté du 18 décembre 2014 dans lequel le préfet du Nord a autorisé la société Jeferco à exploiter. Le motif ? Absence de capacité financière démontrée. « Nous avons gagné », se réjouit le président d’Anor Environnement, Laurent Caux.
Le collectif avait en effet introduit une requête auprès du tribunal de Lille relevant près de 60 points d’anomalie dans le dossier. « Nous venons de gagner une grande bataille mais la guerre n’est peut-être pas terminée. » (lire par ailleurs). « Il n’y aura pas d’usine à polluer », sourit une habitante d’Anor.
La principale inquiétude de ce collectif était les fumées qui allaient se dégager de l’usine la
plus grande d’Europe (120.000 tonnes de pellets par an). Avec inévitablement des répercussions sur la commune de Momignies. « Les vents dominants vont vers le village de Beauwelz. Nous allons vivre avec un épais nuage de fumée en permanence. Les nuages n’ont pas de frontière ! » Les habitants des communes de Momignies, Chimay, Sivry-Rance étaient d’ailleurs très inquiets par rapport à cela et certains avaient rejoint le collectif.

Des bois souillés.

D’autant que l’usine avait reçu l’autorisation de brûler une partie de bois souillés. Les granulés étant destinés à alimenter des entreprises, principalement en Allemagne. « C’était sans compter sur le charroi des camions de grumes, entre autres ! »
Depuis le début du projet, de nombreuses voix se sont élevées par rapport au financement. La construction et l’aménagement sur un terrain de 13 hectares étaient évalués à 19 millions d’euros. Le patron de Jeferco a toujours défendu bec et ongles qu’il aurait son financement complet mais, visiblement, c’est la justification retenue par le tribunal de Lille.

Soit Jeferco abandonne, soit il rentre un nouveau projet.

Comme le dit le président d’Anor Environnement, « la guerre n’est peut-être pas terminée ». Deux hypothèses peuvent se jouer désormais :
–  soit la société Jeferco abandonne son projet de construction sur la commune d’Anor ;
–  soit la société Jeferco persévère, fait appel de la décision.

Mais il faudra encore patienter pour que ce recours devienne suspensif. La société peut, en parallèle, rentrer un nouveau projet mais elle repart à zéro avec enquête publique, réunion publique et autorisation…

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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