La UNE du Courrier de Fourmies.


288  Un article du Courrier de Fourmies, par Olivier Hurbin, le 03 mars 2017.

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Le Courrier de Fourmies du 03 mars 2017 – première page.

Le sursis dont parle le journal n’est que de deux mois. Et seulement s’il y a appel ! A Anor nous avons un maire, président de la communauté de commune, qui parle à chaque occasion d’écologie, de développement durable et de troisième révolution industrielle. Sauf aujourd’hui, lorsqu’il parle du projet d’usine de pellets. Dans ce cas il ne parle que d’emplois et de développement économique. Bizarre !

De nombreux articles ont été publiés sur ce blog, des études sérieuses prouvant que le bois pollue plus que le charbon. L’emploi et le développement économique ne pourront jamais servir d’excuse à un scandale sanitaire.

Donc tous les feux ne sont pas au vert, monsieur le maire ! L’ont-ils jamais été ? Car si ce projet n’avait pas été mauvais, nous n’aurions pas été forcé de saisir le tribunal. Pourquoi vouloir être aux côtés du promoteur plutôt qu’aux côtés de vos concitoyens ? Et pourquoi regretter la décision du Tribunal qui n’a fait que dire le droit ?

Par ailleurs, lorsqu’il y a 18 mois nous avons publié les 60 problèmes trouvé sur ce projet, l’un d’entre eux était lié au financement. Dans le dossier déposé en préfecture, le cout total du projet était de 6 millions d’euros. Puis dans la presse on a entendu 10 M€ et ensuite 15 M€. Dans sa conférence de presse de juin 2016, Jean-François Rosado parlait de 20 M€. Enfin, il a annoncé 16,7 M€ au tribunal. Comment, dans ces conditions, peut-on croire un individu à géométrie variable ?

Mais je trouve au moins trois avantages à la décision du Tribunal : tout d’abord l’air et l’eau seront moins pollué sans cette usine à nos portes. Ensuite, les gîtes, les chambres d’hôtes et les producteurs bio vont pouvoir continuer à travailler. Enfin, selon les chiffres du  maire d’Ohain, dans la lettre ci-dessous, cette victoire va faire économiser 130 € à chaque foyer de la communauté de commune Sud-Avesnois.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
Cet article a été publié dans Justice, Media - Tracts, Usine de pellets. Ajoutez ce permalien à vos favoris.