Le sujet de la biodiversité va s’imposer pour ce qu’il est : incontournable.

241  Un article de Libération, par Caroline Schaub, le 02 février 2017.

Il est vital et urgent de la préserver, au même titre que le climat, insiste Christophe Aubel, le directeur de la toute nouvelle Agence française pour la biodiversité (AFB). Qui revient aussi sur l’importance des zones humides, dont c’est la «journée mondiale» ce jeudi.

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L’étang de la Galoperie à Anor, dans l’Avesnois.

Dans la série des «journées mondiales», ce jeudi est celle des «zones humides». L’édition 2017 est consacrée au rôle de ces territoires dans la prévention des catastrophes telles que les inondations (lesquelles représentent le premier risque naturel en France, avec une commune sur trois concernée). Alors que plus de la moitié de ces zones a disparu au cours du XXe siècle, il est vital et urgent de préserver celles qui restent, explique Christophe Aubel, le directeur de l’Agence française pour la biodiversité (AFB).

Ce dernier rappelle aussi l’importance des missions de ce nouvel organisme opérationnel depuis le 1er janvier, et dont la création est une des mesures phares de la loi sur la biodiversité adoptée en 2016. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), sur le territoire français métropolitain, 9% des mammifères, 24% des reptiles, 23% des amphibiens, 32% des oiseaux nicheurs, 22% des poissons d’eau douce et 28% des crustacés d’eau douce sont «menacés de disparition»

Pourquoi les zones humides (comme celle de Notre-Dame-des-Landes) sont-elles si importantes ?

Les zones humides, nous les connaissons sous les noms de «marais», «prairies humides», «vasières», «lagunes», «prés salés», «mangroves». Elles n’ont pas toujours bonne presse, et pourtant ! Elles abritent un nombre incroyable d’espèces, des plus remarquables (comme la tortue cistude, la loutre ou l’anguille) aux plus communes (poule d’eau ou grenouille verte). Mais les zones humides sont bien plus que cela. Ce sont aussi et surtout les reins de notre planète, elles filtrent l’eau et préservent ainsi sa qualité, pour notre plus grand bien de consommateur. Elles protègent les sols, ce sont des éponges naturelles et des châteaux d’eau, elles jouent ainsi un rôle important dans la régulation des crues et la prévention des sécheresses. Les zones humides rendent d’autres services encore : on ne sait pas assez que 50% à 66% d’entre elles ont une vocation agricole et sont liées à la filière d’un élevage extensif de qualité. Ce sont aussi des lieux touristiques et de loisirs. Enfin, une zone humide bien gérée séquestre le carbone et est ainsi un amortisseur climatique.

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L’étang de Milourd à Anor, dans l’Avesnois.

Qu’est-ce qui les menace ?

En France comme partout dans le monde, elles sont menacées par les activités humaines. Urbanisation, aménagement du territoire, agriculture intensive ou pollution impactent ces zones fragiles. Au XXe siècle, plus de 50% des zones humides ont disparu. On n’est plus sur ce rythme, mais il faut rester vigilant. Leur préservation représente des enjeux à la fois environnementaux, économiques et sociétaux importants pour les années à venir. Il existe d’ailleurs un «plan national zones humides» porté par le ministère de l’Environnement.

Que fera concrètement l’Agence française pour la biodiversité pour enrayer cette disparition des zones humides?

Enrayer leur disparition est un projet de société et celui-ci doit être collectif. Ce sont avant tout les acteurs dans les territoires qui œuvrent à la sauvegarde de ces milieux essentiels à notre survie. L’Agence française pour la biodiversité n’a pas vocation à agir seule sur cette thématique mais bien en partenariat, et y compris avec les usagers de ces zones humides. Cette journée mondiale, qui se déroule cette année à Brouage, en Charente-Maritime, est l’illustration de cette coopération au service d’une meilleure connaissance de ces milieux. L’Agence y participe aux côtés de l’association Ramsar France, du Forum des marais atlantiques, de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), des collectivités locales de Charente-Maritime et de la région Nouvelle-Aquitaine, et bien sûr des services de l’État. Ce sont aussi plus de 600 animations en France et 300 organisateurs mobilisés.

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La cascade de l’étang de la Neuve-Forge, sur l’Oise, à Anor.

Notre action propre en faveur des zones humides s’articule autour de plusieurs grandes missions. D’abord, réaliser des études et des recherches avec de nombreux partenaires (le Muséum national d’histoire naturelle, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture…) pour mieux caractériser les zones humides, appréhender leur fonctionnement et connaître les causes de perturbation et de dégradation. Ensuite, nous gérons des espaces protégés comme les territoires des aires marines protégées et des parcs nationaux marins, dont certains ont de forts enjeux de protection des zones humides, à l’exemple du parc de l’estuaire de la Gironde et des pertuis charentais. Nous facilitons aussi l’information, la formation et la sensibilisation de tous les acteurs des territoires sur ces questions. Enfin, en 2017, l’Agence donnera un coup d’accélérateur aux enjeux de préservation des zones humides outre-mer : la biodiversité y est unique et mérite que l’AFB s’en préoccupe.

L’article de Libération est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis et contenant potentiellement des métaux lourds) dans le process de fabrication de son pellet industriel. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter que le préfet du Nord avait accordé à la société Jeferco.
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