Un basculement climatique s’annonce-t-il?

170  Un article de Humanité et Biodiversité, par Hubert Reeves, le 03 février 2017.

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) est une organisation dont le rôle est “d’expertiser l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homme”.

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Cet organisme effectue une évaluation et une synthèse des travaux de recherche menés dans les laboratoires du monde entier par des scientifiques de nombreuses disciplines : des météorologues, glaciologues, hydrologues, géographes, mathématiciens sociologues, économistes, océanographes et autres qui fournissent les résultats de leurs travaux. Selon le GIEC, la concentration de l’atmosphère en CO2 est en augmentation et entraîne un changement climatique avec augmentation de la température moyenne de la planète au niveau du sol. Cette augmentation est certaine mais l’évolution de la situation ne l’est pas… Les prédictions formulées sont basées sur des extrapolations sous-tendues par l’hypothèse qu’une cause continue ne peut avoir que des conséquences continues. Pourtant une cause continue peut avoir des effets discontinus.

Bien qu’à la retraite, François Louchet, ingénieur agrégé de Physique, antérieurement Professeur de Physique de la Matière Condensée à l’Université de Grenoble, travaille sur les aspects théoriques des instabilités en physique et géophysique.

Son constat : La température moyenne à la surface du globe est constamment croissante et les instabilités climatiques de plus en plus fréquentes et intenses.
Ses questions : Serait-ce le signe d’un basculement climatique irréversible ? La situation est-elle beaucoup plus grave que ce que l’on pense ? Allons-nous vers des températures sensiblement plus élevées que ce que prévoient les plus pessimistes des scientifiques du GIEC

Selon lui, les instabilités climatiques peuvent être interprétées comme annonciatrices de l’approche de ce qu’on appelle en physique un point critique c’est-à-dire qu’au lieu d’une augmentation continue il pourrait se déclencher un saut brutal de la température, comme un saut dans l’inconnu !

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La conclusion est claire. Cette étude est une raison de plus de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre donc de décarboner de toute urgence les énergies. Cela veut dire, en pratique, de cesser d’extraire du sol du charbon, du pétrole et des hydrocarbures pour éviter les scénarios non-gérables, mettant en danger une partie de l’humanité.

L’article de Hubert Reeves est ici.

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