La forêt et l’agriculture au secours de l’eau.


Un article du Journal de l’Environnement, par Stéphanie Senet, le 12 janvier 2017.

Pour améliorer la qualité des eaux des bassins versants dans le monde, la priorité est de protéger les forêts, de reboiser les pâturages et d’’adopter de meilleures pratiques culturales, montre une étude publiée ce 12 janvier par l’’ONG The Nature Conservancy (TNC).


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La qualité des eaux peut être menacée, comme ici à Anor, par les rejets d’une usine.

Au niveau mondial, l’’état des eaux se détériore rapidement. 40% des bassins versants affichent aujourd’hui une dégradation de niveau modéré à élevé, selon l’’étude menée par TNC, et basée sur les données publiques locales issues de 4.000 grandes villes de tous les continents.

Trois actions prioritaires.

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L’abandon des pesticides dans les pratiques agricoles va améliorer la qualité de l’eau.

«Notre étude a surtout montré qu’’avec trois actions principales, nous pouvions améliorer la qualité des eaux de 90% des bassins versants de façon significative dans 4 villes sur 5», explique au JDLE Andrea Erickson Quiroz, directrice de la sécurité en eau pour l’’ONG. «L’’accent doit être mis sur la protection des forêts, sur le reboisement des pâturages d’’environ 9 millions d’’hectares et sur l’’amélioration des pratiques agricoles pour au moins 100 Mha dans le monde», poursuit-elle. Résultat: la pollution par les nutriments et les sédiments peut aussitôt se réduire de 10%.

Débit en hausse.

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La protection des forêts améliore la qualité des eaux.

Cet opus de 245 pages présente un autre intérêt. Il passe en effet en revue les bénéfices en cascade attendus d’’une amélioration de la qualité des eaux. A commencer par une hausse du débit de certains cours d’’eau. En Colombie, par exemple, protéger les sources d’’eau des 6 principaux bassins, qui alimentent les 6 plus grandes villes du pays, permettrait d’’accroître leur débit de base de 11%. Un atout dont il serait dommage de se priver alors que le stress hydrique se propage à travers la planète. A l’’échelle mondiale, 32% des bassins fluviaux connaissent une sécheresse ponctuelle, saisonnière, annuelle, voire répétitive, comme on l’’a vu aux États-Unis.

Stockage de CO2.

L’’effet sur le climat est également loin d’’être négligeable. Une protection des forêts et un reboisement systématiques dans les bassins versants permettraient de stocker 10 gigatonnes équivalent CO2 chaque année. Soit 16% des objectifs mondiaux de réduction d’’ici 2050 ou encore la totalité des émissions mondiales issues de la combustion du pétrole, selon l’’Agence Internationale de l’’Énergie.

L’’exemple de New-York.

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L’’approvisionnement de Big Apple provient de trois bassins hydrographiques dont les trois quarts sont détenus et gérés de façon privée. Grâce à un programme d’’amélioration des pratiques agricoles, la ville a pu économiser le coût de construction d’’une usine de traitement des eaux usées, soit entre 8 et 10 Md$ (entre 7,5 et 9,4 Md€€).

Pêche côtière.

Autre atout : la réduction des nutriments permet de diminuer les risques pesant sur la pêche côtière et d’’améliorer la qualité des eaux dans un quart des zones les plus atteintes (200 sur 762 zones mortes ou fortement atteintes par l’’eutrophisation).

Coût modique.

Le tout pour un coût modique, soit 2 dollars (1,9 euros) par personne et par an pour la moitié des grandes villes étudiées. «De nombreux investisseurs peuvent être intéressés, comme les sociétés énergétiques ou les producteurs de boissons, qui ont tout intérêt à préserver les ressources en eau sur la planète», note Andrea Erickson Quiroz. Une initiative lancée il y a trois ans à Nairobi l’’a montré. Elle a permis de commencer à sensibiliser 50.000 petits agriculteurs kenyans à la nécessite de couvrir les sols pour limiter le ruissellement des eaux usées en cas de fortes précipitations. «Le retour sur investissement s’’avère très bon, pour un financement partagé entre des sociétés privées et des agences publiques», observe la représentante de TNC. Au contraire, ne rien faire serait particulièrement coûteux pour la qualité des eaux, pour la consommation humaine en eau potable, comme pour la biodiversité marine.

L’article est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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