L’ONF va vendre du bois par Internet.


232  Un article de forestopic.com, le 16 décembre 2016, par Chrystelle Carroy.

Vendre du bois par Internet, créer des indicateurs pour suivre le marché du bois, étendre la contractualisation, sont au menu des travaux communs à l’ONF, la FNB et la FNCOFOR, pour les 4 ans à venir.

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La sapinière de la forêt de Fourmies, en novembre 2016.

 L’Office national des forêts (ONF) va vendre du bois par Internet. Mais pas tout de suite. Benoît Fraud, chef du département commercial bois à l’ONF, détaille :

« Nous allons devoir rénover le système de vente informatisé en salles. Ensuite, une concertation visera à développer les ventes de bois par Internet. »

C’est l’un des points de l’accord signé, le 8 décembre 2016 à Paris, par l’ONF, la Fédération nationale du bois (FNB), et les communes forestières sous l’égide de la FNCOFOR, en application du contrat d’objectifs (COP) 2016-2020 de l’Office.

Acheter du bois de l’ONF sans se déplacer.

Des acheteurs pourraient ainsi participer à des ventes à distance, sans avoir à se déplacer, tandis que l’ONF y voit la réalisation d’économies potentielles. Cela vaut pour les ventes publiques, ou pour les consultations destinées aux invendus ou aux lots ponctuels.

Benoît Fraud poursuit :

« Nous n’allons pas supprimer toutes les salles de vente physiques. Mais, il est possible que certaines ne soient pas conservées. Certaines ventes ne réunissent qu’une dizaine d’acheteurs. L’outil Internet permet aussi de mieux partager les informations sur les contrats d’approvisionnement. »

Objectifs en hausse pour la contractualisation

La contractualisation des ventes de bois est un autre axe de la période à venir. D’une part, concernant le bois d’œuvre, elle s’étend au niveau national pour le chêne de qualité secondaire. Et elle se poursuit pour le hêtre et les résineux, avec des objectifs revus à la hausse. D’autre part, pour le bois d’industrie et le bois énergie, l’accès des exploitants forestiers aux ventes par contrat est reconduit.

Ventes de bois ONF par contractualisation
Types de bois Volumes 2015 Objectif 2020
Chêne de qualité secondaire 50 000 m3 100 000 m3 (en 2018)
Hêtre 470 000 m3 700 000 m3
Résineux 1,45 Mm3 1,8 Mm3
Bois d’industrie, bois énergie 1,2 Mm3 1,8 Mm3

Selon Nicolas Douzain, délégué général de la FNB :

« Les contrats nécessitent une capacité de réponse en volumes et en qualité des bois livrés. La régularité et la constance sont l’une des marges de progrès identifiées. »

Les réflexions se poursuivent quant à l’élaboration d’indicateurs sur l’état du marché, l’harmonisation du cubage et de la pesée des bois, l’allongement des délais d’exploitation en zone de montagne (car l’enneigement peut freiner la récolte). Les forêts publiques fournissent 40 % du bois mis sur le marché en France.

L’article peut être vu ici.


Commentaire :

L’industrialisation de la forêt continue. Même si cet article ne le dit pas clairement, vendre le bois par internet plutôt que dans des salles dédiées aux enchères va favoriser l’achat de nos arbres par les chinois qui n’auront plus besoin de se déplacer. L’augmentation du volume de bois vendu est le principal objectif de tout ceci puisque, comme le montre l’article ci-dessous, le volume de chêne secondaire vendu par l’ONF doit doubler d’ici 2018. Alors que les forêts publiques représentent 16,5% de la surface boisée de notre pays, elles fournissent 40% du bois mis sur le marché français. Comme on le constate dans les forêts domaniales de Fourmies ou de Mormal, l’ONF qui était gestionnaire de forêts publiques est devenu créateur de clairières.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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