92 % de la population mondiale respire un air trop pollué, le Nord-Pas-de-Calais n’est pas épargné.


114-1  Un article de La voix du Nord, le 27 septembre 2016.

Pas moins de 92 % des habitants de la planète vivent dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air extérieur ne respectent pas les limites fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon un rapport publié mardi.

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Des enfants s’amusent lors d’un jour de smog au Pakistan. K.M. Chaudary, archives AP

Le rapport s’appuie sur des données provenant de 3.000 lieux à travers le monde, essentiellement des villes. Il a été élaboré en collaboration avec l’Université de Bath au Royaume-Uni. Il conclut que 92 % de la population mondiale vit dans des endroits où les niveaux de qualité de l’air ne correspondent pas aux niveaux fixés par l’OMS sur la qualité de l’air ambiant pour les particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM2.5).

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Usine de pellets de Saint-Germain-près-Herment (Auvergne)

Les limites établies par l’OMS pour ces particules sont une moyenne annuelle de 10 g/m3 (microgrammes par mètre cube). Les PM2.5 comprennent des polluants comme le sulfate, les nitrates et le carbone noir, qui pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire, ce qui représente un risque grave pour la santé humaine. Les niveaux de pollution de l’air ambiant sont «  particulièrement élevés  » en Méditerranée orientale, dans l’Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, indique le rapport. À l’exception de la région des Amériques, toutes les autres régions du monde ont moins de 20 % de leur population vivant dans des lieux où la qualité de l’air correspond aux normes de l’OMS.

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En France, le Nord-Pas-de-Calais, avec la région parisienne, la région lyonnaise, la région marseillaise ainsi que la région de Metz-Nancy, fait partie des régions les plus touchées.

3 millions de décès

L’OMS compte parmi les principales sources de pollution de l’air « les modes de transport inefficaces, les combustibles ménagers, la combustion des déchets, les centrales électriques alimentées au charbon et les activités industrielles ». L’activité humaine ne constitue pas la seule source de pollution de l’air. «  Les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d’un désert, peuvent avoir une influence sur la qualité de l’air  », note ainsi l’agence onusienne.

Grâce à ces nouvelles données, les experts espèrent encourager les États à faire davantage d’efforts pour réduire la pollution de l’air intérieur et extérieur alors qu’en septembre 2015 les dirigeants du monde ont fixé une cible dans les objectifs de développement durable consistant à réduire nettement d’ici à 2030 le nombre de décès et de maladies dus à la pollution de l’air. Quelque trois millions de décès par an sont liés à l’exposition à la pollution de l’air extérieur, selon l’OMS. Selon des estimations de 2012, 6,5 millions de décès (soit 11,6 % des décès dans le monde) étaient associés à la pollution de l’air extérieur et à la pollution de l’air intérieur.

Les maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer du poumon, sont à l’origine de 94 % des décès liés à la pollution de l’air extérieur. Près de 90 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de deux décès sur trois surviennent dans les régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.

L’article de La Voix du Nord est ici.


Commentaire

La pollution, deuxième cause de mortalité dans notre pays, est responsable de 48 300 morts par an. En comparaison, il y a environ 3000 morts d’accidents de la route. L’état devrait consacrer autant de moyens (radars et contrôles routiers) à lutter contre la pollution. Et interdire les industries polluantes comme il interdit les motos de plus de 100 Cv. Nul doute que le nombre de vies sauvées serait sans commune mesure.  Les hôpitaux seraient désengorgés et le trou de la sécurité sociale probablement comblé. Mais les lobbies industriels sont là, les menaces sur l’emploi et les amendes des radars aussi. Alors, qui s’intéresse vraiment à la pollution d’une usine de pellets industriels dans le sud-Avesnois? Et qui s’intéresse vraiment à réduire la pollution de l’air dans l’Avesnois? Pourtant, sur la carte ci-dessous, l’Avesnois fait bien partie des régions les plus touchées de France.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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