Braderie forestière au pays de Colbert.

195  Un article du Monde Diplomatique, octobre 2016, par Guillaume Pitron.


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La forêt de Fourmies en septembre 2016.

Couvrant près d’un tiers du territoire, la forêt française constitue un fabuleux trésor. Mais il y a loin de l’arbre brut au bois travaillé : faute de politique industrielle concertée, la sylviculture est devenue le deuxième poste du déficit commercial. Plongée au sein d’une filière saccagée, entre matière première vendue à l’étranger, scieries en liquidation et timides tentatives de redressement.

 

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La forêt de Fourmies, route d’Anor, en septembre 2016.

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des forêts. Tel un sombre duvet ciselé, des étendues d’épicéas dévalent les massifs vosgiens. Des perchis de hêtres et de châtaigniers revêtent les sols humides de Normandie et tapissent le fond de la vallée du Rhône. Des futaies de chênes sessiles se pétrifient dans l’humus des forêts domaniales de Fontainebleau, Bercé et Tronçais. Quand, sous d’autres latitudes, on parlerait hydrocarbures, sables bitumineux ou gaz de schiste, les essences françaises se nomment tremble, if, saule ou micocoulier. Selon le dernier inventaire forestier national, établi en 2014 , 126 espèces couvrent 30 % du territoire, et font des étendues boisées françaises les troisièmes d’Europe. Jamais la sylviculture n’a occupé autant d’espace depuis la première révolution industrielle.

Et le document complet peut être téléchargé ici.


Commentaire

La forêt domaniale de Fourmies accueille des bucherons depuis 10 mois, 10 heures par jour, 6 jours sur sept et même les jours fériés. En imaginant que 40 arbres sont coupés chaque jour (soit 4 arbres par heure, ce qui est peu) on arrive à 240 arbres par semaine soit 1 000 arbres par mois et donc 10 000 arbres en 10 mois. Et ce n’est pas fini puisqu’il se dit que le chantier durerait encore un an. Jean-Marie Marcoux, le responsable de l’Unité territoriale de l’Office national des forêts (ONF) de l’Avesnois déclarait à « La voix du Nord » le 14 mars 2013 : « À Fourmies, il y a de la forêt domaniale et communale, principalement implantée sur le sud de la ville ; cela représente quelque 1 000 hectares (…) Nous devons régénérer 1 % chaque année ; pour Fourmies, c’est 10 hectares« . Les arbres étant espacés de 4 mètres environ, le calcul nous annonce 500 arbres à l’hectare, soit 5 000 arbres pour les 10 hectares annoncés. Selon le chiffre estimé plus haut (10 000 arbres en 10 mois),  20 hectares auraient déjà été coupés et donc le double d’une coupe annuelle « normale ». Et que dire du reboisement : « En France, on reboise avec 70 millions de plants par an, alors que l’Allemagne en est à 300 millions, la Suède à 350 millions et la Pologne à… un milliard !, souligne M. Vincent Naudet, président du Syndicat national des pépiniéristes forestiers. Nous ne plantons pas assez. « 

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