Inauguration d’une centrale à géothermie profonde en Alsace.


126  Un article de Reporterre, le quotidien de l’écologie, le 07 juin 2016.

La ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Ségolène Royal, a inauguré une centrale à géothermie profonde mardi 7 juin, à Rittershoffen, au nord de Strasbourg. L’installation, qui se veut une première mondiale, permettra au site industriel de Roquette, un des cinq leaders mondiaux de la transformation d’amidon, d’accroître la part des énergies renouvelables dans son fonctionnement. Elle atteint désormais 75 %.

La centrale puise de l’eau à 2.600 mètres de profondeur où sa température avoisine les 165 degrés. Conçue par le groupe ES (Électricité de Strasbourg), filiale d’EDF, la vapeur récupérée peut dégager une puissance de 24 mégawatts, de quoi produire de l’énergie pour 27.000 logements. Selon Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, « la technologie est maintenant maîtrisée et respectueuse de l’environnement, sans fracturation du sous-sol ».

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Commentaire

Cette centrale de 24 mégawatts (Mw) est exploitée dans le cadre du projet ECOGI (Exploitation de la Chaleur d’Origine Géothermale pour l’industrie). Elle permet une alimentation énergétique 100 % renouvelable et permanente. La chaudière de l’ex-future usine de pellets de Jeferco est d’une puissance de 15 mégawatts (Mw), soit l’énergie nécessaire à environ 18.000 logements. Pour être clair, la chaudière Jeferco va servir à sécher du bois vert puis relâcher toute sa chaleur dans l’atmosphère, car cette chaudière n’est pas à cogénération. Alors qu’elle pourrait fournir l’ensemble de l’énergie des villes de Fourmies et d’Anor. Plutôt que financer une partie de cette usine de pellets polluante, pourquoi ne pas s’être orienté vers une centrale géothermique qui, en utilisant le retour d’expérience des Alsaciens, pourrait fournir toute l’électricité nécessaire à la Communauté de Commune Sud Avesnois (CCSA) ?

L’article de Reporterre est ici.

Une vidéo sur Youtube explique le fonctionnement de cette centrale géothermique.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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