Bioénergie : la coûteuse arnaque au carbone est un biomythe.

Mardi 08 décembre, Paris (pendant la COP 21) :

La Coalition Mondiale des Forêts (Global Forest Coalition) lance aujourd’hui un nouveau rapport dans les discussions de Paris concernant le climat : “Biomythes, l’arnaque coûteuse en carbone de la bioénergie”. Le rapport montre comment la promotion de la bioénergie de grande échelle en guise de remplacement des combustibles fossiles s’appuie sur le soi-disant mythe de sa « neutralité carbone ».

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« Accepter le fait que la bioénergie de grande échelle puisse être “carbone neutre” permettra aux centrales électriques de continuer à décharger leurs émissions de carbone dans l’atmosphère pendant que les nations prétendront réduire leurs émissions » a déclaré Mary Lou Malig, coordinatrice de campagnes pour la Coalition Mondiale pour les Forêts, qui assiste en ce moment même aux négociations sur le climat. « De telles prétentions, combinées avec des propositions telles que la Bioénergie par Captage et Stockage du Carbone (Bioenergy with Carbon Capture and Storage – BECCS), transforment tout accord pouvant potentiellement émerger de Paris en une arnaque frauduleuse ».

« Du mythe des faibles émissions en carbone a découlé l’affirmation que la bioénergie, jointe au Captage et Stockage du Carbone, pourrait atteindre un solde négatif des émissions de gaz carbonique et par là compenser les émissions issues des combustibles fossiles. La dernière version de l’accord de Paris comporte six références à la réduction “nette” des émissions de carbone ; laissant ainsi la porte grande ouverte à la Bioénergie par Captage et Stockage du Carbone ainsi qu’à d’autres technologies de géo-ingénierie, qui ne feront que retarder une réduction qui soit véritable et intégrale, terriblement nécessaire à présent » ajoute Olivier Munnion, co-directeur de Biofuelwatch et membre de la Coalition Mondiale pour les Forêts.

Le rapport des “Biomythes” souligne qu’aux États-Unis et en Europe, la bioénergie constitue à présent le plus grande proportion des énergies dites renouvelables. La croissance rapide de l’industrie est poussée par les objectifs en énergie renouvelable et les perspectives de gains financiers subséquents qui sont maintenant offerts dans la majorité des pays. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) anticipe que la génération totale de bioénergies primaires pourrait au minimum tripler d’ici 2050, cela du fait d’une production grandissante d’électricité et de chaleur à échelle industrielle.

« L’idée que brûler les arbres pour produire de l’énergie est bénéfique pour le climat est un mensonge » a avancé Simone Lovera, directeur exécutif de la Coalition Globale pour les Forêts. « Tel que le rapport le souligne, brûler des arbres signifie dégager directement dans l’atmosphère un carbone qui a été claustré pendant des décennies. En plus de ceci, les forêts qui sont coupées ou dégradées perdent une grande part, si ce n’est la totalité, de leur capacité à stocker le carbone. Nous devons réduire les émissions de carbone à présent, et non les accroître à travers de fausses solutions ».

La suite de cet article est ici.

Le rapport de la coalition mondiale des forêts est ici.

Centrale au charbon d'Hazelwood en Australie_02

Centrale au charbon d’Hazelwood en Australie.

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