Etude stratégique « granulés de bois 2020 ».

Le bois, énergie renouvelable ?
La production industrielle de pellets substitués au charbon pour la production électrique à grande échelle ?
En France, ça n’est pas l’avis d’une étude de 2013 financée par la Fédération Nationale du Bois, France Bois Forêt, pour le compte (excusez du peu) du Syndicat National des Producteurs de Granulés de Bois. En lisant cette étude on remarque que, dans le chapitre consacré à la fabrication du granulé, les auteurs ne parle à aucun moment d’une quelconque possibilité de fabriquer du pellet avec des bois de classe B. Et on comprend aussi que Jeferco, contrairement à ce qu’il déclare, ne pourra jamais vendre son pellet sur le marché résidentiel qui commercialise des granulés de qualité « prémium », ni sur le marché du chauffage collectif qui n’est pas équipé pour bruler des pellets fabriqués avec des bois souillés.

Extrait:

On peut s’interroger sur l’opportunité de cet usage massif d’une énergie renouvelable qui n’est pas disponible de façon illimitée et qui ne devrait donc pas être gaspillée (…)

LE MARCHÉ DE LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ DANS LES CENTRALES THERMIQUES.
Il nécessite du granulé de bois de qualité dite « industrielle ». Il existe principalement dans certains pays européens qui fabriquent massivement leur électricité à partir de charbon (Angleterre, Benelux, Pologne, Danemark, Allemagne, …) et qui doivent respecter les engagements collectifs de production de 20 % d’énergies renouvelables et d’une réduction de 20 % des émissions de CO2, d’ici 2020. La solution la moins onéreuse et la plus rapide à mettre en œuvre consiste à substituer partiellement, voire totalement, le charbon par de la biomasse. Le granulé a pour avantage de bien se prêter à la co-combustion avec le charbon. Les volumes sont potentiellement considérables mais sont volatils car ils dépendent de décisions politiques et de prix d’intérêt calculés à partir de ceux du charbon, du gaz et du CO2. De tels marchés représentent déjà plus de 4 Mt en Europe et devraient atteindre 14 Mt en 2020 mais vont concerner également d’autres zones qui commencent également à prendre en compte la nécessité de lutter contre le changement climatique (Corée, Japon). Ces marchés n’existent aujourd’hui que par le soutien économique mis en œuvre par les états concernés qui répercutent tout ou partie du coût sur la facture d’électricité du consommateur.
Le rendement électrique reste faible (30-40 %), dans des unités qui ne valorisent pas la chaleur produite et on peut s’interroger sur l’opportunité de cet usage massif d’une énergie renouvelable qui n’est pas disponible de façon illimitée et qui ne devrait donc pas être gaspillée. Pour faire face à une telle demande émanant de quelques électriciens européens (la seule centrale thermique de RWE de Tilbury en Grande Bretagne nécessite un approvisionnement de 2,5 Mt/an de granulés de bois), de nombreuses « méga-usines » de plus de 500 000 tonnes de capacités de production annuelles se sont construites ou sont en projet dans des pays disposant de ressources forestières abondantes et bon marché, comme les USA, le Canada, la Russie, en attendant le Brésil, l’Australie et certains pays africains. Les producteurs européens de granulés de bois n’ont que peu d’intérêt à s’aventurer sur de tels marchés (volumes considérables, prix bas, pérennité incertaine).
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