Anor : fournisseurs, banques, clients, le projet de l’usine à pellets est bouclé.


114-1  Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 17 juin 2016.

Le président de la société Jeferco, Jean-François Rosado, qui a en projet la construction d’une usine à pellets à Anor, était de passage dans le Sud-Avesnois, vendredi. Il affirme que son dossier est bouclé. Mais reste le marché énergétique qui doit lui devenir plus favorable avant de commencer les travaux.

Où en est le projet de construction d’une usine à pellets à Anor ? De passage vendredi dans le Sud-Avesnois, son porteur, le président de la société Jeferco, Jean-François Rosado, a répondu à cette question. « Il est en bonne voie de concrétisation, a-t-il observé. Je le prépare depuis quatre ans, dans le respect du développement durable, de la troisième révolution industrielle (TRI) et de la COP21 ». Un projet pour lequel il a « les garanties » : « On va produire 120 000 tonnes de pellets par an. S’agissant de l’approvisionnement, les contrats sont signés et sécurisés, certains pour une durée quinquennale. Il y aura des bois de recyclage mais principalement des bois verts, collectés dans un rayon de 120 km autour d’Anor, en France et en Belgique. Qu’on se rassure, on ne va pas raser ni la forêt de Trélon ni de Mormal. J’ai besoin de 120 000 tonnes de bois par an, notamment des bois verts inexploitables après abattage. Il faut savoir qu’en France, chaque année, 4 millions de tonnes de bois restent non utilisées… j’ai de la marge ».

« La matière première sera acheminée en plaquettes »

Et de poursuivre : « Il y aura aussi du bois de recyclage qui n’est pas dangereux. D’ailleurs, toute la matière première sera acheminée en plaquettes ». Des pellets qui seront achetés par des entreprises situées dans le Nord-Ouest de l’Europe : « Ce seront uniquement des industriels qui se serviront de ces pellets pour leur activité économique. Avec eux, les contrats sont en cours de finalisation ». Quant aux banques, suivent-elles Jeferco quand l’investissement total est de 19 M€ ? « Oui, répond M. Rosado. Là également, le dossier financier est bouclé. Ingénieur de formation, j’ai travaillé pour Eau et Force ; j’ai ensuite créé la troisième société française d’éoliennes que j’ai revendue. Donc, je connais un peu tous les aspects d’un projet ». Et les travaux, ils commencent quand ? « Bien que j’aie toutes les autorisations, j’attends encore le positionnement de certains clients qui aujourd’hui préfèrent avoir recours au pétrole, pas cher, comme énergie. Mais cela ne va pas durer ; c’est une question de mois. À la fin de l’année, on devrait y avoir plus clair ».

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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