Pollution à l’arsenic dans le Gard : des parents de jeunes enfants portent plainte.


Un article de France Info, le 25 février 2016, par Anne-Laure Barral.

Une vingtaine d’habitants du Gard ont décidé ce jeudi de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, blessures involontaires et pollution de l’eau auprès du parquet du pôle santé de Marseille. Ils vivent près des anciennes mines de la commune de Saint-Félix-de-Pallières près d’Alès.Et sont contaminés au plomb, à l’arsenic et au cadmium.

Ils pensaient avoir trouvé un paradis dans les contreforts des Cévennes où les chênes verts recouvrent les collines, dans des fonds de vallons où de petits ruisseaux entre les rocailles forment des piscines naturelles idylliques pour les baignades. Aujourd’hui ces habitants viennent de voir leur rêve s’effondrer. C’est le cas de Jérôme et son épouse qui ont acheté il y a 5 ans une maison pour faire des gîtes touristiques. Jérôme a décidé de porter plainte au pénal « pour la simple et bonne raison que notre petite  fille de trois ans et demi est touchée au cadmium. On voudrait bien savoir d’où ça vient et pour quelle raison? »

La fille de Jérôme fait partie des 46 personnes à qui l’Agence régionale de santé a prescrit un suivi médical plus poussé afin de voir si elle ne développe pas d’insuffisances rénales ou de troubles neurologiques. Une épée de Damoclès insupportable pour cette famille qui a en plus suspendu son activité professionnelle de location de gîtes.

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Pourquoi ces mines fermées il y a 45 ans sont-elles pointées du doigt par ses habitants ?

Parce qu’il a fallu attendre les années 90 avant que l’État et l’industriel se mettent d’accord sur les travaux à réaliser pour fermer ces mines ou leurs installations. Entre temps,  la zone et en particulier de la digue de déchets miniers, a servi de terrain de jeu pour les riverains. Aujourd’hui la digue est recouverte de terre et de végétation mais pour les plaignants et plusieurs experts, elle ne confine pas suffisamment la pollution.

 Qu’espèrent les habitants qui vont porter plainte ?

Mettre fin à la pollution en faisant ordonner des travaux et connaître la vérité : qui savait les risques que cette pollution faisait courir à la population ? Qui n’a pas passé le message ? Dès 2004 un rapport informait les communes de la pollution des sols. Un rapport technique difficile à déchiffrer pour ces élus. Reste qu’il n’est pas facile de s’attaquer à l’État, à un industriel, à leurs communes d’autant que cette affaire écorne le tourisme de la région. Certains centres de vacances voient leurs réservations s’annuler depuis deux ans. Alors que les risques sont avant tout pour les habitants de la région qui vivent avec cette contamination de leur environnement.

L’article de France Info est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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