L’impact sanitaire et économique considérable de la pollution dans quatre villes du Nord-Pas-de-Calais.


Un article de Santé Autrement Magazine, par Géraldine Langlois, le 11 mars 2016.

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Une étude sur quatre agglomérations du Nord et du Pas-de-Calais publiée tout récemment par l’Institut national de veille sanitaire (INVS) montre que si la pollution par particules fines PM10 et PM2.5 était abaissée au niveau des valeurs recommandées par l’OMS, de très nombreux décès à court et surtout à long terme seraient évités. Les économies réalisées pour ces seuls territoires dépasseraient en outre le milliard d’euros. En cause : le transport routier, notamment.
Le nombre de décès et d’hospitalisations respiratoires et cardiaques qui pourraient être évités dans les agglomérations de Lens-Douai, Lille, Maubeuge et Valenciennes, étudiées par l’INVS et l’Association régionale pour la surveillance et l’évaluation de l’atmosphère (Atmo) du Nord-Pas-de-Calais est considérable. À court terme, si les concentrations moyennes en particules fines de ces secteurs, qui représentent 41% de la population de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais, ne dépassaient pas la valeur guide de l’OMS (20 µg/m3), 65 décès, 210 hospitalisations pour causes respiratoires et 110 hospitalisations pour un motif cardiaque pourraient être évités chaque année. Une baisse, plus modeste, de 5 µg/m3 de la concentration de ces particules permettrait d’éviter la moitié environ de ces événements. Or les concentrations moyennes annuelles des PM10 dépassent dans tous les secteurs la limite de l’OMS et, à Lille, le seuil de qualité fixé en France à 30 µg/m3. Elles ont même dépassé pendant 114 jours la limité de qualité journalière (50 µg/m3).

Particules fines.

L’effet d’une diminution des concentrations en particules très fines PM2,5 se manifeste à plus long terme. Si la  concentration moyenne annuelle de ces particules respectait la valeur guide de l’OMS (10 µg/m3), 750 décès seraient évités et l’espérance de vie à 30 ans des habitants des quatre secteurs augmenterait de 7 à 14 mois. Une réduction, plus modeste, de 5 µg/m3 des concentrations en PM2,5 éviterait près de la moitié de ces décès. Or les concentrations moyennes annuelles de ces particules atteignent sur la période étudiée (2008-2010) le double de la valeur guide proposée par l’OMS (10 µg/m3). Dans les secteurs étudiés, la source principale de pollution atmosphérique est le transport routier. Il est à l’origine de de 40% à 70% des émissions d’oxydes d’azote et de 40 à 50% des particules fines PM10. Quant aux particules très fines PM2,5, elles proviennent des activités résidentielles ou tertiaires, des activités économiques du secteur secondaire (industrie, traitement des déchets, construction, énergie), et du transport routier.

Impact sanitaire (et financier).

L’impact sanitaire de cette pollution a également un coût très important, qu’a évalué l’INVS. Il a en effet pris en compte les coûts liés aux décès et hospitalisations évitables, qu’ils soient directs (médicaux et non médicaux), indirects (absentéisme, perte de production) ou qu’ils relèvent de la perte de bien-être et de qualité de vie, ainsi que les gains d’espérance de vie due à la baisse de la pollution. Pour les quatre territoires étudiés, le respect des valeurs de l’OMS pour les particules PM10 « représenterait un gain économique » de pratiquement sept millions d’euros par an. L’économie réalisée si la concentration en particules PM2,5 était abaissée au seuil proposé par l’OMS serait quant à elle de 1,7 milliards d’euros… La diminution de 5 µg/m3 du taux d’ozone, qui a dépassé durant 83 jours la valeur guide journalière de l’OMS (100 µg/m3) sur les secteurs étudiés, permettrait aussi d’économiser près de 1,8 millions d’euros.

Les enjeux, sanitaires et économiques sont très importants. Et encore : l’étude n’a pas porté sur l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur l’asthme, les maladies respiratoires aigües, la toux ou les irritations ORL.

L’article de Santé Autrement Magazine est ici.

Commentaire

En lisant cet article, on a une idée plus précise de ce que l’ex-future usine de pellets pourrait nous apporter comme pollution supplémentaire. Avec les flux de polluants sortant de la cheminée mais aussi avec les 72 camions qui vont traverser Anor tous les jours, ou encore les trains supplémentaires dont les motrices fonctionnent au gas-oil !! Et combien de décès chaque année : 3, 4, 5 …. plus ?


 

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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