La pollution au 19eme siècle.


Un article du journal l’Avenir, par Jean-Francois Pacco, du 11 avril 2016 et du site de l’université de Namur.

 

Dans un livre qui vient de paraitre aux Presses universitaires de Namur, le jeune historien, membre du Pôle d’histoire environnementale (PolleN) de l’Université de Namur, cherche à comprendre un épisode étonnant de l’histoire namuroise. Retour sur une facette méconnue et pourtant essentielle de notre passé industriel …

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Au mois d’août 1855, la région namuroise est secouée par de violentes émeutes. Des centaines d’habitants de la vallée de la Sambre cherchent à s’en prendre aux usines chimiques qui bordent la rivière. A l’époque, la Basse-Sambre est en effet le principal foyer de production de la soude, avec les fabriques d’Oignies (Aiseau), Auvelais, Mornimont, Floreffe, mais aussi Risles à Saint-Marc. A l’origine de cette révolte, les vapeurs corrosives relâchées par les cheminées, qui tueraient la végétation et empoisonneraient les hommes. Plusieurs jours durant, l’armée est déployée pour protéger les fabriques de la colère des protestataires. Une commission d’enquête parlementaire est mise sur pied. Une première! En étudiant ces évènements, l’auteur nous plonge dans les interrogations environnementales du 19e siècle. Alors que l’industrie belge vivait son âge d’or, les fumées et les gaz relâchés par les usines étaient déjà un sujet d’inquiétude. Bien plus, ils ont posé à la Belgique d’alors des questions d’une actualité criante, sur la place de l’industrie dans la société, le rôle à jouer par les États dans la régulation des pollutions ou les moyens à employer pour réduire les émissions.

Cette étude fouillée, basée sur la thèse de doctorat de Julien Maréchal, est construite comme un récit historique qui tient le lecteur en haleine au fil de multiples rebondissements – morts, rumeurs, enquêtes, expertises, contre-expertises, … -, savamment distillés.

Julien Maréchal est historien à l’Université de Namur, membre du Pôle de l’histoire environnementale (PolleN). Ses recherches portent sur l’histoire des pollutions et des risques industriels.

Commentaire : ce qui parait incroyable c’est la constatation que rien n’a changé depuis le XIXeme siècle : mensonges et manipulations des industriels et de l’administration, discours et hypocrisie des élus. L’auteur parle d’Anor dans ce livre en citant à plusieurs reprises un ingénieur, Victor Despret, jeune industriel Français fils d’un maître verrier d’Anor, qui a travaillé comme ingénieur et patron dans l’industrie chimique en Belgique.

L’article de l’université de Namur.

L’article du journal belge l’Avenir du 11 avril 2016.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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