Le devenir du projet de construction d’une usine à pellets sur Anor.


Un article de Canal FM, par Paul Schuler, le 22 mai 2016.

« Devenir de la piscine de Fourmies, usine à pellets d’Anor, extension de la zone commerciale, projets économiques… le point sur les dossiers du sud-Avesnois avec son président Jean-Luc Pérat. (…)

Le devenir du projet de construction d’une usine à pellets sur Anor.

Une demande de subvention a été votée pour l’aménagement de la zone d’activités Saint-Laurent à Anor, dans le cadre du projet de construction d’une usine à pellets. Près d’ 1,2 millions d’euros de travaux sont prévus pour créer des voiries, des espaces verts et un embranchement permettant à l’usine d’expédier les granulés et de réceptionner les matières premières. Rappelons que ce projet porté par la société Jeferco est estimé à plus de 17 millions d’euros (investissement privé). 25 ou 26 emplois y seront créés. Jean-Luc Pérat précise que les travaux ne seront lancés qu’à partir du moment où le projet est certain d’être réalisé. Face à la polémique et aux inquiétudes exprimées par les riverains de la future usine et par certains élus comme le maire d’Ohain, le patron de Jeferco a prévu de s’expliquer dans les prochaines semaines… »

Commentaire : Un protocole d’accord a été signé en juillet 2015 entre la Communauté de Communes Sud Avesnois (CCSA) et la Société Jeferco. Au chapitre 3, alinéa 4 il est écrit : « Conditions suspensives aux engagements de la SAS Jeferco : Les différentes obligations décrites dans le présent article relatives aux engagements de la SAS Jeferco sont consenties sous réserve de l’obtention du financement escompté pour le bouclage financier du projet. » Le maire d’Anor a donc raison de préciser que les travaux de construction de la voie ferrée ne seront lancés qu’à partir du moment où le projet est certain d’être réalisé, puisque ce point fait partie du protocole qu’il a lui même signé. Et la demande de subvention a été voté en mars. Rien de nouveau, donc !

Par ailleurs, comme l’a déclaré dans la presse le maire d’Ohain, l’aide apportée par la CCSA est chiffrée à 1 538 300 €, avec l’option doublement de la voie ferrée qui n’est pas une option dans l’étude d’impact (voir annexe 3 ci-dessous). La subvention demandée étant de 1 200 000€, il manque 358 300€.

Enfin, le maire d’Anor nous annonce que « le patron de Jeferco a prévu de s’expliquer dans les prochaines semaines ». En février 2016, il avait annoncé sur la radio EchoFm que Jeferco allait organiser une réunion publique avant fin mars et il n’y a eu aucune réunion publique. On est donc amené à penser que si Jeferco doit « s’expliquer » ça sera, peut être, par communiqué de presse alors que beaucoup souhaitent une réunion publique qui ne vient jamais !! Il serait pourtant intéressant de savoir comment cette future usine pourrait être la seule au monde à fabriquer  du pellet en utilisant des bois souillés dans son process. Ou encore, qui pourrait acheter du pellet devenu plus cher que le gaz?

L’article de Canal Fm est ici.

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Protocole CCSA-Jeferco : Coût des travaux à charge de la communauté.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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