Momignies : la commune va interpeller le maire d’Anor sur l’usine de pellets.

123  Un article de Sud Presse, par Gwendoline Fusillier, le 06 mai 2016.

Mardi, des citoyens d’Anor sont venus expliquer leurs craintes.

La future usine de production de pellets d’Anor continue de faire parler d’elle. Mardi, lors du conseil communal, des représentants de l’Asbl Anor Environnement ont expliqué leurs nombreuses craintes par rapport au projet tant du côté français que belge. Les conseillers communaux comptent également inviter les autorités d’Anor pour avoir leur sentiment.

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Les bois souillés, appelés bois de classe B.

Nous vous en parlions au début du mois d’avril. Le village frontalier d’Anor (à moins de 10 km de Momignies) pourrait prochainement accueillir une usine de production de pellets à destination industrielle. Un projet qui inquiète beaucoup les habitants de Beauwelz qui sont les plus proches de la frontière avec la France. Pour rappel, cette usine se situe à la sortie du village d’Anor, elle devrait produire environ 120.000 tonnes de pellets par an. Ce dernier sera ensuite distribué à des entreprises. Si le premier projet (et donc premier permis) prévoyait l’utilisation de bois vert, il a été modifié depuis. Les responsables de la société Jeferco ont ainsi reçu l’autorisation d’utiliser du bois de classe B à savoir, du bois souillé.

Du coté des promoteurs de la société Jeferco et de la mairie d’Anor, on se veut rassurant en soulignant que ce bois entrera dans la confection des granulés et non pas dans la chaudière d’Anor servant à sécher le bois avant transformation. Même si cela est vrai, cette usine inquiète les habitants du Nord mais aussi les Belges. « Les vents dominants se dirigent vers le village de Beauwelz », explique Laurent Caux, le président d’Anor Environnement. Ce mardi soir, ils étaient une vingtaine à avoir fait le déplacement au conseil communal pour expliquer leurs craintes, les dangers et pourquoi ils se battent contre ce projet.

« Inévitablement, la Belgique sera touchée par les retombées. Il faut savoir que 290 tonnes de polluants retomberont ainsi chaque année dans l’air. Fini les produits bio, fini le tourisme vert. Certains de ces polluants sont clairement cancérigènes. cela pourrait aller dans un rayon de 30 kilomètres, cela dépend du relief, des vents, du climat… «  ajoute-il à l’attention des conseillers communaux de Momignies. « Vous auriez dû pouvoir donner votre avis. Cela n’a pas été fait. Cela fait partie des points que nous avons soulevés auprès du tribunal de Lille dans notre action en justice. »

Pour le bourgmestre de Momignies, Albert Depret, il n’y avait pas lieu. « Nous avons consulté le fédéral, la région wallonne, la province, nous ne devons pas donner d’avis. C’est regrettable et dommage mais c’est ainsi. » Pour le conseiller de l’opposition, Jean-Marc Poullain (IC) il faut tout de même interpeller le maire d’Anor. « Profitons de notre jumelage et de nos bonnes relations pour poser des questions. Il y a beaucoup d’inconnues dans ce dossier ». Le bourgmestre souligne que : « c’était prévu que le maire soit invité lors d’une prochaine séance afin d’avoir tous les avis ».

Commentaire

L’article R.122-10 du code de l’environnement nous apprend que c’est au préfet du Nord d’informer les autorités belges de ce projet et de la réalisation d’une enquête publique, par l’intermédiaire du Ministères des Affaires Étrangères, pour que nos voisins de Belgique aient la possibilité d’avoir accès au dossier et de poser des questions (et non pas donner un avis) lors de l’enquête publique. En Belgique, un article de loi identique existe : l’article D.29-11 du Livre Ier du code de l’environnement.

La Nouvelle Gazette_2016-05-06

La Nouvelle Gazette, édition du 06 mai 2016.

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