Coup de frein pour la biomasse à Gand.


Un article du journal L’écho, le 02 mai 2016, par Danaé Malengreau.
Le nouveau ministre flamand de l’Énergie a décidé que le projet de centrale biomasse à Gand ne peut pas voir le jour. En cause? Des subsides abyssaux qui vont peser sur les ménages flamands.
Bart Tommelein, fraîchement nommé ministre flamand de l’Énergie, n’a pas traîné pour prendre sa première grande décision avec sa nouvelle casquette. Il estime que la nouvelle centrale biomasse à Gand ne peut pas continuer. Le gouvernement flamand a pris cette décision via une procédure électronique.
Pourquoi le ministre freine-t-il des quatre fers? Tout simplement pour une question d’argent. Il a été promis à la centrale des subsides de 100 millions d’euros par an… pendant 15 ans. Bref, un très gros investissement qui se répercutera directement sur la facture énergétique des citoyens qui habitent en Flandre, la fameuse « Turteltaks » qui a fait tomber Annemie Turtelboom la semaine passée.
Mi-avril, l’administration avait déjà rendu un avis négatif. Elle estimait que l’approvisionnement en matières premières (des déchets de bois venant d’Afrique australe) ne pourra pas être assuré. En outre, le dossier était incomplet.
Le chantier de la centrale biomasse à Gand

Le chantier de la centrale de biomasse à Gand © Emy Elleboog

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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