Menaces sur la forêt Française, le débat.


Une publication de Thérèse-Marie Cardon, organisatrice de la soirée débat à Locquignol.

Soirée débat du 22 avril 2016

Près de 80 personnes ont participé à la soirée du 22 avril à Locquignol, organisée par l’association Mormal Foret Agir. Celle ci fut chaleureuse et riche d’enseignement. La projection du documentaire «Menaces sur la forêt française» a été applaudie. Ce documentaire ne peut laisser indifférent quand on y découvre le saccage des forêts un peu partout dans le monde, par les multinationales avec la collaboration des États, sous prétexte de développement durable et écologique, avec l’accroissement du nombre des usines Biomasse. Il révèle un véritable scandale et une aberration écologique pour notre planète !

Brigitte Blang est venue de Lorraine spécialement pour répondre à l’invitation de «Mormal Forêt Agir ». Militante à SOS FORET et RAF (réseau pour une alternative forestière), grâce à sa grande générosité,son humanité, son expérience de militante pour défendre la forêt, elle a exprimé plusieurs points essentiels devant le public:

  • La gestion désastreuse de l’ONF depuis quelques années.
  • Elle a précisé qu’il fallait faire la différence entre la Direction de l’ONF et les salariés qui se battent eux aussi avec l’aide de leur syndicats contre ce saccage organisé,programmé pour toujours plus de rentabilité ,de profits!
  • Elle a évoqué avec énormément d’émotion,le suicide de salariés de l’ONF sur leur lieu de travail,c’est à dire dans la forêt !Ceux ci ne supportant plus ce que la Direction de l’ONF leur ordonne de faire :massacrer la forêt en effectuant par exemple des coupes à blanc.
  • Elle a parlé de son expérience d’occupation du siège de l’ONF à Paris avec les syndicats de l’ONF.
  • Elle a précisé qu’il était essentiel de se battre collectivement sur une base de revendications qui devaient être pour l’intérêt général et non pas pour préserver les intérêts individuels ou particuliers.
  • Elle a aussi insisté sur la nécessité de la convergence des luttes.
Brigitte Blang

Brigitte Blang. Photo Rémy Blang

A propos du mot politique qui devient un sujet tabou,elle a insisté sur le fait qu’il fallait faire la différence entre la politique et le politique. Le fait d’agir en tant que citoyens au sein d’une association pour défendre la forêt et dénoncer les dysfonctionnements de l’ONF,c’est faire de la politique.

Rossano Pulpito- porte-parole de Mormal Forêt Agir

Rossano Pulpito, porte-parole de Mormal Forêt Agir.

« Mormal Forêt Agir » par l’intermédiaire de son porte parole Rossano Pulpito a rappelé que l’ONF supprime des effectifs pour les remplacer par des bûcherons qui viennent des pays de l’Est, exploités et sous payés (250 euros /mois). Il a aussi évoqué le projet pharaonique de l’autoroute de l’eau pour approvisionner en eau pure la région de Lille et le pays minier dont l’eau des nappes phréatiques est polluée. Cette autoroute de l’eau dont le forage se situe à Sassegnies aux portes de la forêt Mormal, va assécher le sous sol de la forêt et faire disparaître,  à terme, la biodiversité ainsi que les zones humides et marécageuses.

Le public s’est aussi exprimé sur le lien probable entre les coupes à blanc des forêts et l’usine à pellets d’Anor.

Enfin, le collectif « Houille ouille ouille », présent lors de cette soirée, a alerté sur les projets de forage pour explorer les gaz de couche dans la région et en particulier dans la forêt Mormal.

Débat à Locquignol le 22-04-2016-01

Le film « Menaces sur la forêt Française » est visible ici.

 

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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