Anor : un vrai débat sur l’usine à pellets à la communauté de communes… enfin!

Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 13 avril 2016.

Commentaire : Comme le dit le maire d’Ohain, Alain Rattez, aucune étude sur les impacts maraîchage et tourisme n’a été effectuée dans ce dossier. Ce ne sont pas les seuls manquements. Une étude hydraulique des sols tronquée, le ruisseau St Laurent étant devenu un fossé. Pas d’étude hydraulique des sous-sols. Aucune étude concernant les rejets de polluants. Une étude ornithologique à minima, puisque qu’ils recensent 29 espèces dont 21 protégées alors que nous en avons découvert 58 dont 43 protégées (étude validée par constat d’huissier). Absence d’étude d’impact, pourtant obligatoire, des 900 mètres de voie ferrée. Aucune étude sur les dégâts occasionnés aux routes par les 72 camions par jour. Pas d’étude vétérinaire sur les poussières de bois qui contamineront les animaux de ferme et rendront le lait impropre à la consommation. Ni sur les lumières et le bruit, 335 nuits/an, perturbant la faune sauvage et les habitants. Rien sur le financement de ce projet, ni sur l’approvisionnement en bois vert. Il y a bien d’autres manquements dans ce dossier. Et aussi 60 problèmes, mensonges et incohérences que nous avons découvert ! Ne serait-ce pas ça le vrai débat sur l’usine à pellets ? Mais le promoteur de cette usine ne veut pas d’un vrai débat public.

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Alors que le projet est dans les tuyaux depuis deux ans, pour la première fois, lundi, il a été débattu publiquement à la communauté de communes Sud Avesnois. Plusieurs garanties écrites sont demandées à l’investisseur.

Enfin ! Un vrai débat public à la communauté de communes Sud Avesnois, lundi soir, sur le projet de l’usine à pellets à Anor – qui est porté par l’intercommunalité. Un projet pour lequel il a été inscrit, au budget, la somme de 1,15 M€ de travaux, correspondante aux VRD (voirie et réseaux divers) qui seront réalisés par la collectivité. « Et, une fois n’est pas coutume, c’est un montant que l’industriel s’est engagé à nous rembourser sur 20 ans », a observé le président, Jean-Luc Pérat. C’est le vice-président et maire d’Ohain, Alain Rattez, qui est alors intervenu : « Notre commune s’est attachée les services d’un avocat dans ce dossier car nous demandons des garanties : qu’un capteur soit placé à la sortie de la cheminée de l’usine, qu’il n’y ait pas de stockage de bois souillés sur le site et qu’une commission de sécurité (avec des élus) soit mise en place ». Et M. Rattez d’indiquer « qu’aucune étude sur les impacts maraîchage et touristique n’a été effectuée dans ce dossier si bien que sept emplois pourraient disparaître au Verger biologique ». « Les bois dépollués seront livrés par un prestataire certifié », a assuré M. Pérat, qui a pris bonne note des remarques du premier magistrat ohainais. Dont pour la cheminée, en rappelant qu’il y en a déjà une de 70 m près d’Ohain avec la verrerie belge de Momignies. « Il faut que l’industriel acte ses engagements par écrit », a observé David Hurblain.

Le débat a ensuite glissé sur l’emploi suite à la remarque de Corinne Ridé : « Combien cette entreprise va-t-elle créer d’emplois ? Et puis, sachant que l’on s’engage pour longtemps, est-ce que cette entreprise sera encore là dans 20 ans ? » Réponse du président : « Je fais confiance. Vingt-cinq emplois devraient être au rendez-vous et j’insisterai, pour un recrutement local avec formation à l’appui ». Pour ce dernier, si les garanties financières sont réunies du côté de l’investisseur (1), la société Jeferco, les travaux de construction pourraient débuter dès le mois de septembre prochain sur la zone industrielle Saint-Laurent d’Anor.

(1) Ce projet d’usine à pellets, c’est 19 M€, 26 emplois, 3 770 m2 de bâtiment, 200 000 tonnes de bois utilisées par an, dans un espace de 13 hectares.

L’article de La voix du Nord est ici.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets dans la zone d’activité Saint-Laurent à Anor (à 150 m de chez moi) , je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. Et en janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis) dans le process de fabrication de son pellet industriel.
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