Samedi tout est possible.


Voici une retranscription de l’Interview de Jean-Luc Pérat sur Canal Fm, le samedi 26 mars 2016 à 12h20 dans l’émission « Samedi tout est possible ».

Question de Canal Fm :
Jean-Luc Pérat, je voulais m’adresser aussi au maire d’Anor parce que vous portez aussi le projet de la fameuse usine à pellets. Vous savez que c’est un sujet qui fâche, qui fait beaucoup débat sur votre territoire. Il se dit que l’entreprise porteuse du projet, si elle a bien entendu les autorisations aujourd’hui, n’aurait peut être pas les fonds, en tout cas les capitaux. Est-ce que c’est vrai, est-ce que c’est simplement une rumeur, qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le sujet.

Réponse de Jean-Luc Pérat :
Alors, si vous voulez, ce que je peux vous dire pour l’instant c’est que tous les voyants sont au vert, notamment les voyants qui sont ceux de la communauté de communes à savoir les terrains et les aménagements, les premiers aménagements qui ont été réalisés. Nous attendons bien évidemment le porteur de projet dans son bouclage financier, donc là dessus je crois que c’est quelque chose qui ne dépend pas de nous, puisque il ne demande pas à l’intercommunalité de construire, mais c’est lui qui prend en charge. Donc je crois que les prochaines heures, prochains jours, nous permettront d’avoir les renseignements précis qui permettront justement de voir si le dossier est viable. Il a toutes les autorisations, comme je dis tous les voyants sont au vert, c’est à dire que toutes les démarches ont été engagées auprès des services de l’état et vous savez ce ne sont pas, ce sont pas j’veux dire, des organismes ou des structures faciles hein, puisque ils sont très exigeants et c’est tout à fait logique et tout à fait normal, donc voilà, aujourd’hui le préfet a sorti, a signé l’autorisation d’exploiter donc aujourd’hui de notre coté tout est au vert. Maintenant le troisième pilier de l’opération c’est le porteur de projet que nous allons rencontrer là de nouveau pour finaliser et je pense que si tout se passe bien normalement, concrètement,  ben les choses devraient aboutir.

Commentaire :

A la vue de ce qui nous est expliqué par notre maire, on comprend bien qu’il y a un problème de capacité financière du promoteur de ce projet polluant. Ce qui parait évident lorsqu’on sait qu’il n’apporte que 3 % de fonds propre. Les banquiers bailleurs ne sont pas prêts à se jeter les yeux fermés dans ce type de projet bancal et mal ficelé ! Et quand on lit, en guise de conclusion que « Si tout se passe bien normalement, concrètement, ben les choses devraient aboutir« , on en déduit que tous les voyants ne sont pas au vert, loin de là !! Sans argent et sans bois, ça devient plus compliqué. Normalement, concrètement et forcément !!

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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