Anor : pourquoi aucune date pour le début du chantier de l’usine à pellets?


Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 15 mars 2016.

Vendredi soir, la communauté de communes Sud Avesnois a sollicité une subvention auprès de l’État pour les aménagements de la future usine à pellets à Anor. Dont on ne sait toujours pas quand les travaux vont débuter.

On a reparlé de la future usine industrielle de fabrication de pellets et de biomasse à Anor, lors du dernier conseil de la communauté de communes Sud Avesnois, vendredi soir. Notamment dans le cadre d’une demande de subvention auprès de l’État au titre de la dotation de soutien aux investissements. Cette subvention de 1,2 M€ a été sollicitée pour l’aménagement de la zone d’activités Saint-Laurent pour l’unité de production : la voirie, la voie ferrée et les espaces verts.

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Tout comme l’intercommunalité « engagera des travaux d’aménagement pour la création d’un embranchement ferroviaire permettant à l’usine d’expédier les granulés et de réceptionner les matières premières ». Un projet porté par la société Jeferco de 17 M€ et de 25 emplois. D’accord. Mais elle en est où, finalement, exactement, la construction de cette usine à pellets, « dans les tuyaux » depuis trois ans ? D’abord, sur le plan juridique, il y a un collectif (Anor Environnement) qui s’est formé. Il conteste une cinquantaine de points de l’arrêté préfectoral devant le tribunal administratif. Action qui n’est pas suspensive sur le permis de construire. Ensuite, c’est la commune d’Ohain qui est montée au créneau. Elle a pris un avocat. Parce que, proche du site, elle veut être sûre que l’entreprise n’aura pas recours à l’incinération de bois souillés (peinture, vernis, colle…) qui pourraient engendrer des rejets dans l’atmosphère – alors que c’est autorisé par la loi. Et du côté de la société Jeferco ? Son président, Jean-François Rosado, serait sur le point de boucler le montage financier auprès des banques. Il était prévu qu’il revienne, à l’issue, vers l’intercommunalité pour que le feu vert soit donné pour ouvrir officiellement le chantier. Mais il se murmure que l’homme commence sérieusement à être agacé… par le comportement de certains conseillers communautaires hostiles à son projet. Est-ce pour cela qu’aucune date de début des travaux n’a encore été annoncée ? Et y en aura-t-il une ? À suivre.

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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