Les dangers de la biomasse combustible pour la santé publique.

Extraits du rapport « Combustion du bois dans les centrales électriques : Impacts sur la santé publique » publié en septembre 2014 par Biofuelwatch (Royaume-Uni). Ce document  peut être consulté sur le site du Collectif SOS Forêt du Sud.

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Les risques pour la santé dépendent de plusieurs facteurs : la quantité de polluants émis par l’usine, la hauteur de la cheminée (plus la cheminée est haute et permet de disperser plus largement la pollution, plus nombreuses sont les personnes affectées par les polluants mais moins les polluants sont concentrés), la topographie locale qui conditionne la rapidité et l’étendue de la dispersion des polluants, les conditions atmosphériques, et le niveau de pollution auquel la population est déjà exposée sans la centrale de biomasse combustible. Les risques pour la santé augmenteront toujours avec le niveau de pollution. L’impact sur la santé d’une centrale de biomasse combustible sera donc particulièrement important aux endroits où existe déjà un niveau élevé de pollution (comme c’est régulièrement le cas en Avesnois), et aux endroits où la pollution ne peut pas être facilement dispersée (par exemple si elle est située près de reliefs qui entravent les mouvements de l’air).

En outre, des catégories de population vulnérables encourent un risque plus élevé. Les bébés, les enfants, les personnes âgées, les personnes présentant des problèmes de santé sous-jacents tels que l’asthme ou des maladies cardiaques, sont particulièrement vulnérables.

Les recherches de Biofuelwatch montrent que, en Angleterre, les centrales de production d’énergie utilisant la biomasse, existantes ou en projet sont situées principalement dans des régions particulièrement défavorisées. Cela pourrait signifier que le mauvais état de santé existant dans les populations pauvres de ces lieux socialement défavorisés est aggravé par l’augmentation de la pollution de l’air due à ces centrales.

Des preuves détaillées de l’effet sur la santé de différents polluants atmosphériques ont été publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En voici un bref résumé :

  • L’exposition prolongée au dioxyde d’azote (NO2), est liée à une fonction pulmonaire réduite et à l’augmentation des symptômes de bronchite chez les enfants asthmatiques.
  • Une courte exposition à des taux élevé de dioxyde d’azote (NO2) cause des inflammations des voies respiratoires.
  • NO2 est une source importante de particules fines (PM 2,5).
  • Les problèmes respiratoires, les crises d’asthme, la réduction des fonctions pulmonaires, les maladies cardiaques et pulmonaires, sont associés à l’ozone atmosphérique dont le NO2 est la source principal.
  • Les maladies respiratoires et cardiaques et les cancers du poumon sont associés à une exposition prolongée aux particules fines (PM10). Plus grave est l’impact des particules fines (PM 2,5) pour lesquelles il n’y a pas de seuil d’exposition minimum sûr pour la santé.
  • Un niveau élevé de dioxyde de soufre (SO2) affecte le système respiratoire et les fonctions pulmonaires, et présente un risque particulier pour les asthmatiques.
  • Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont cancérigènes et affectent directement les cellules.
  • Les Dioxines et Furanes sont hautement toxiques et ont une forte persistance dans l’environnement. Ils peuvent causer des problèmes pour la reproduction et la croissance, endommager le système immunitaire, causer le cancer et interagir avec les hormones. Les émissions atmosphériques de dioxine peuvent être respirées mais elles peuvent aussi se retrouver dans la chaîne alimentaire.

D’autres polluants émis lors de la combustion de la biomasse dans les centrales de production d’énergie présentent une série de risques pour la santé, dont cancers, inflammation des voies respiratoires, perturbations hormonales, et malformations des embryons. Des études récentes suggèrent que la pollution atmosphérique peut être responsable d’une plus large série d‘effets sur la santé, dont des difficultés cognitives, des troubles de la mémoire, la dépression, le risques de démence, l’autisme et la schizophrénie.

Arrêté préfectoral-pollution

Extrait de l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation de l’usine de pellets

Commentaire

Une évaluation des risques sanitaires a été effectué par Jeferco dans le cadre de son étude d’impact et la conclusion précise : « Dans les conditions d’études retenues et en l’état actuel des connaissances scientifiques, le risque sanitaire lié aux émissions atmosphériques du projet de centrale biomasse et d’unité de fabrication de granulés de bois porté par Jeferco est non significatif pour les populations recensées. » L’agence régionale de santé est évidemment d’accord avec ces conclusions.

Pourtant, comme on peut le lire dans cet article, des preuves détaillées de l’effet sur la santé des différents polluants atmosphériques ont été publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Alors quoi ? Jeferco et l’ARS ne savent plus lire ? Ou faut-il leur rappeler qu’il n’y a plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.

http://cvgg.eklablog.com/dossier-biomasse-eon-c25620214

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