Exposition aux poussières de bois.


Extraits du rapport « Combustion du bois dans les centrales électriques : Impacts sur la santé publique » publié en septembre 2014 par Biofuelwatch (Royaume-Uni). Ce document  peut être consulté sur le site du Collectif SOS Forêt du Sud.

La poussière de bois est un cancérigène connu, d’après le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’exposition aux poussières de bois est associée à une série d’autres risques pour la santé, comprenant les maladies de peau, les problèmes respiratoires allergiques et non allergiques, tel que l’augmentation des crises d’asthme et les bronchites chroniques, ou encore les problèmes nasaux.

La plupart des études qui ont recherché les effets de l’exposition aux poussières de bois sur la santé ont porté sur les travailleurs, par exemple en scierie. Cependant, des résidents proches de plusieurs endroits exposés à la poussière issue du déchiquetage de bois ont connu des problèmes de santé similaires. Une étude Américaine confirme l’augmentation des problèmes de santé en lien avec une exposition aux poussières de bois parmi les résidents qui vivent près d’une usine de traitement du bois.

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La poussière de bois peut affecter des personnes qui vivent près de centrales fonctionnant au bois, particulièrement si les plaquettes de bois sont fabriquées sur place (ce qui sera le cas à Anor, dans une zone fortement habitée). Cependant, beaucoup de centrales comptent sur du bois qui a été réduit en plaquettes ailleurs, et/ou sur des granulés de bois. Dans ces cas là, l’impact de la poussière de bois sera ressenti auprès des habitants vivant près des sites de fabrication des plaquettes de bois (souvent improprement appelé « bois recyclé ») et des sites de stockage, ou près des usines de fabrication des granulés, qui approvisionnent les centrales, comme le prévoit Jeferco.

Une évaluation des risques sanitaires a été effectué par Jeferco dans le cadre de son étude d’impact et la conclusion précise : « Dans les conditions d’études retenues et en l’état actuel des connaissances scientifiques, le risque sanitaire lié aux émissions atmosphériques du projet de centrale biomasse et d’unité de fabrication de granulés de bois porté par Jeferco est non significatif pour les populations recensées. » L’agence régionale de santé (ARS) est évidemment d’accord avec ces conclusions.

Pourtant, comme on peut le lire dans cet article, l’effet sur la santé de l’exposition aux poussières de bois  est connu de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Alors encore une fois ? Jeferco et l’ARS ne savent plus lire ? Ou faut-il une nouvelle fois leur rappeler qu’il n’y a plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ou alors, comme Jeferco va désigner un directeur de site, et qu’il ne sera pas présent à Anor, il s’en fout pas mal de notre santé!!

http://cvgg.eklablog.com/dossier-biomasse-eon-c25620214

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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