« Forêts Agir » veut défendre la forêt de Mormal.


Anor Environnement était présent samedi 05 mars à Locquignol, afin de continuer la réflexion sur la défense de la forêt de Mormal et la création d’une association. Un nom a été trouvé : « Forets Agir ».
Cet article de la Voix du Nord nous rapporte ce qui s’est dit lors de cette réunion. Une occasion de plus de parler de notre « fameuse » usine à polluer.

0001.jpg

Publicités

A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
Cet article a été publié dans Forêts - Biomasse. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour « Forêts Agir » veut défendre la forêt de Mormal.

  1. DIDIER CARON dit :

    Bonjour tout le monde,
    Très belle initiative qu’il faut absolument saluer. Nous vivons à Compiègne et dans les forêts Picardes des agressions en règle de la part du gestionnaire ONF (coupes à blanc, mis en place d’enclos, surexploitation du massif, non respect de la biodiversité …). Il parait important que chaque massif puisse se défendre contre cette politique forestière à visée économique exclusive et éventuellement se regrouper en collectif sur notre nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais et Picardie

    J'aime

  2. Jazz Man dit :

    Merci Didier, il faut effectivement que des rapprochement se mettent en place. Il faut aussi envisager de se fédérer au niveau national, avec « SOS Foret France » par exemple.

    J'aime

  3. Le texte de l’article

    Locquignol: «Forêts Agir», prête à en découdre pour défendre la forêt de Mormal

    PUBLIÉ LE 07/03/2016
    PAR FANNY BRICOUT

    Samedi matin, des défenseurs de la forêt de Mormal se sont réunis à la mairie de Locquignol pour mettre sur pied leur association. À l’ordre du jour, lui trouver un nom et désigner les membres du bureau.

    La détermination des défenseurs de la forêt de Mormal n’a pas faibli. Ils étaient moins nombreux qu’à la précédente réunion lorsqu’il avait été décidé de former une association, mais toujours aussi résolus à se faire entendre de l’Office national des forêts et de Noréade.
    Jean-Claude Bonnin, maire de Locquignol, a tout de go rappelé l’objectif de cette réunion, « défendre le massif de Mormal contre la déforestation et les pompages excessifs ». Étaient présents élus et particuliers, tous soucieux du devenir du territoire. « Exploiter c’est normal, surexploiter ça ne l’est pas », a-t-on pu entendre dire un habitant d’Hecq.

    « La terre de nos enfants »
    Les accusations n’ont pas changé : abattage massif, pompage excessif, gros engins qui détruisent tout sur leur passage, élus qui ne prennent pas leurs responsabilités, gestion à court terme, etc. « On coupe par le haut et on assèche par le bas, analyse Benoît Tomsen, un ingénieur d’Obies. On est sur une pente glissante. Qui décide de quoi et comment ? On a besoin de réponses. Tout semble caché, je voudrais comprendre. »
    Jean-Pierre Maton, adjoint au maire, remarque que « la forêt se dégrade de plus en plus ». Il s’inquiète notamment pour l’avenir. « Qu’allons-nous laisser comme terre à nos enfants ? » Jean-Claude Bonnin dénonce le fait que « la rentabilité passe au-dessus de tout. Il faut que des politiques tapent du poing sur la table ». Il réagit aussi aux propos tenus par Paul Raoult, président du SIDEN-SIAN et de sa régie Noréade, dans la presse : « Moi, je n’ai jamais vu économie et environnement faire bon ménage ! »

    La composition du bureau
    Arrive ensuite l’ordre du jour, la désignation des membres du bureau. Les postulants ne se bousculent pas, tous seront élus à l’unanimité, faute d’autres candidats. Ainsi, Nicole Knecht, ancienne conseillère régionale, est élue présidente, et Benoît Tomsen, l’ingénieur, vice-président. Jean-Pierre Maton, l’adjoint au maire, devient le trésorier et aura Marie-Carmel Potiez, conseillère municipale, comme trésorière-adjointe.
    Le poste de secrétaire a trouvé preneur en la personne de Séraphine Caille, déjà secrétaire de mairie. Elle est d’ailleurs à l’origine du nom de l’association : « Forêts Agir », un joli jeu de mots qui a enthousiasmé tout le monde. Rossano Pulpito, président de l’ESA, est quant à lui nommé porte-parole, et Jacques Lainet, coprésident de l’association Hainaut Avenir Environnement, devient le chargé de mission.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.