Nouvel incendie chez Valboval, à Artres prés de Valenciennes.

Un article de La Voix du Nord, le 16 mars 2011.

Lundi en fin de matinée, les employés de l’entreprise Valboval, située rue de la Gare à Artres, ont une nouvelle fois sollicité les sapeurs-pompiers après avoir repéré un dégagement de fumée.

Un foyer a été localisé dans un silo de 150 m³ contenant de la sciure de bois. Les secours, avec l’aide des employés, ont étalé la matière qui se consumait doucement avant de l’asperger d’eau. Une opération qui aura encore mobilisé un long moment les secours.

Usine-sinistrée_Valboval

Usine Valboval en feu.

Déjà, vendredi, peu après midi, l’entreprise avait été victime d’un incendie qui s’était propagé à l’ensemble des 5 000 m² du bâtiment. Peu après midi, une explosion aurait été entendue par la dizaine de salariés qui se restauraient sur le site. Puis, une fumée opaque. Les poussières de bois et les résidus se sont en effet embrasés à l’intérieur de la carcasse du broyeur endommagé. La propagation se fait vite. Elle est même facilitée par l’atmosphère chargée de particules, et par les tapis de transport en caoutchouc qui desservent la machine sinistrée.

Un important dispositif de sapeurs-pompiers est alors aussitôt dépêché rue de la Gare. Après une visite de reconnaissance, les ordres transmis par le commandant Olivier Dubusse, chef des opérations, indiquent qu’il faut en effet attaquer l’incendie de manière minutieuse, ordonnée, « tactique ». Des foyers se trouvent un peu partout dans le bâtiment. Les fumées chaudes s’accumulent sous la toiture et n’attendent qu’une chose : s’embraser. Le commandant, en présence du colonel Stéphane Beauventre, responsable du groupement territorial des sapeurs-pompiers, constate le phénomène. « Dans l’une des parties du hangar, tout s’est embrasé d’un coup. » À l’extérieur, le phénomène se traduit par un épais panache de fumée noire qui disparaît aussitôt. Parmi la quarantaine de pompiers mobilisée autour du bâtiment, une partie s’attache d’abord à créer des exutoires dans la toiture. D’autres, à l’aide des quatre lances à incendie mises en place, procèdent à l’extinction des foyers. L’intervention s’est d’ailleurs prolongée jusque tard dans la journée.

« Il faudra peut-être un mois avant de relancer l’activité », explique Sébastien Jacq, co-créateur de l’entreprise Valboval qui recycle les résidus de bois en « pellets », ces granulés utilisés comme combustible pour les cheminées ou les poêles. Sébastien Jacq se veut rassurant et « bien assuré » pour ses treize machines – qui ont nécessité un investissement de 3 millions d’euros. Et dont certaines sont aujourd’hui hors d’usage.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2011/03/16/article_nouvel-incendie-lundi-chez-valboval-a-ar.shtml

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A propos Jazz Man

Point culminant du département du Nord, Anor (3 300 habitants) se situe à la limite de l’Aisne, de la Belgique et des Ardennes. Notre commune, bocagère et joliment vallonnée, est adhérente au Parc Naturel Régional de l’Avesnois. En juin 2014, un projet "d'unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW, nous intrigue lors de l’enquête publique. Le 18 décembre 2014, le préfet du Nord accorde à la société Jeferco l'autorisation d'exploiter cette usine expérimentale de pellets industriels qui serait destinée à alimenter des centrales électriques utilisant le bois-énergie au Danemark ou en Allemagne. Nous créons un collectif qui devient rapidement l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous déposons un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco, ne trouvant pas suffisamment de bois vert dans le département le moins boisé de France, obtient du préfet un arrêté complémentaire lui permettant d'utiliser des bois de classe B : bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des insecticides, des pesticides, des COV ou des HAP. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter. Début mars 2017, le promoteur fait appel. Le 15 juin 2017, Il obtient un sursis mais ne met pas en œuvre son projet, sans doute consciente des lacunes du dossier. Début juillet 2017, ce promoteur dépose un nouveau projet - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - soumis à enquête publique du 01 au 30 juin 2018. Le 06 août 2018, la commissaire enquêteur publie ses conclusions, son avis et un rapport de 400 pages : AVIS DÉFAVORABLE. En septembre 2018, nous découvrons que le promoteur a déposé en juin 2017 le même projet à Damblain, une commune du département des Vosges. Serait-ce un plan B ? Le 16 octobre 2018, le CoDERST donne un avis favorable au second projet Jeferco. Le 25 octobre 2018, le préfet accorde une autorisation d'exploiter. Et au même moment, nous apprenons que fabriquer du pellet avec du bois de classe 'B', ça ne peut pas fonctionner. Les américains ont abandonné cette technique et aucun exploitant au monde n'a réussi à passer au stade industriel. C'est donc bien une usine expérimentale ! Le 11 décembre 2018, le préfet des Vosges signe l'autorisation d'exploiter : le plan B devient un plan A. Le 28 février 2019, nous déposons une requête en annulation auprès du Tribunal Administratif de Lille pour le second projet. Le 18 mars 2019, à propos du premier projet, le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire informe la Cour Administrative d'Appel de Douai de l'obtention, par la Sas Jeferco, d'une nouvelle autorisation préfectorale (qui annulerait la première) pour ce projet d'usine expérimentale de pellets industriels. Le 24 avril 2019, le promoteur dépose un mémoire en maintien d'appel, expliquant que, pour lui, il n'y a pas de second projet mais un acte de régularisation du premier projet ayant un "caractère modificatif ou substitutif". Le 30 mai 2019, nous déposons un mémoire en non-lieu à statuer. Le 06 juin 2019, la Cour Administrative d'Appel de Douai est réunie en audience publique. Le rapporteur public demande le non-lieu à statuer. Ce qui va annuler toute la procédure liée au premier projet. Verdict fin juin, probablement. Ce type d'usine expérimentale et polluante, fonctionnant 24/24, sept jours sur sept, va contribuer à industrialiser nos forêts. Elle n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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