Pourquoi la faillite du plus important producteur de pellets européen est une bonne nouvelle.

Un article de , pour le

La faillite de l’entreprise allemande German Pellets est plus une bénédiction qu’une malédiction. Un flux de subsides importants pourra dorénavant être mieux utilisé. L’entreprise gantoise BEE examine les possibilités.

067

German Pellets, le plus important producteur de pellets en bois d’Europe, a introduit une demande de procédure de faillite ce mercredi 9 février. L’entreprise allait convertir une centrale au charbon à Langerlo près de Genk (province du Limbourg) en centrale à biomasse. Celle-ci allait recevoir à peu près 200 millions d’euros par an en certificats verts (subventions) pendant dix ans, qui auraient été payés par la ‘Turteltaks’ (la taxe Turtelboom). Bien qu’il soit possible que German Pellets connaisse un nouvel élan sous la conduite d’un curateur, personne ne prévoit que la conversion de Langerlo se poursuive, car au vu des prix actuels de l’énergie, le projet est non rentable. Ce qui inquiète les 120 travailleurs de la centrale limbourgeoise. Comme le décrit très bien Het Belang van Limburg: « ils travaillent dans une centrale énergétique que personne ne veut, alors qu’ils attendent une conversion que tout le monde espère ne jamais voir le jour. »

Beaucoup d’énergie verte

Le fait que personne ne soit vraiment en attente de cette centrale est largement dû à la technologie utilisée. Langerlo est, tout comme la centrale Max Green d’Electrabel et Ackermans & van Haaren à Gand, une centrale au charbon convertie qui ne continue à fonctionner que tant que le robinet à subsides reste ouvert.

Le grand avantage est que de telles centrales fournissent beaucoup d’énergie verte, qui nous permettent d’atteindre les objectifs climatiques européens. Ceux-ci déterminent que la Flandre doit, d’ici 2020, atteindre 10,5% de son énergie basée sur des sources renouvelables. En 2014, la Flandre se situait à 5,5%. Si elle n’atteint pas ces objectifs, l’Europe peut imposer une amende annuelle de 8 millions d’euros, plus une astreinte de 70 à 75 millions d’euros par année en-dessous de cette norme.

Le soleil et le vent seuls ne suffiront pas pour atteindre ces normes. La biomasse sera donc nécessaire. « Seulement, toutes les biomasses sont considérées suivant les mêmes normes, maintenant », est d’avis Werner Annaert, directeur de la Febem-Fege, la fédération des entreprises de gestion de l’environnement. Il fait remarquer que les quelques quarante centrales à biomasse de petite taille actives dans notre pays rencontrent des difficultés. Elles transforment la matière bio-organique des plantes et les boues organiques en composte, mais elles doivent faire face à une multitude d’incertitudes: les prix de marché bas de l’électricité, la diminution de l’aide par le biais des certificats verts et les difficultés d’écouler leur produit fini. « La ministre flamande de l’Énergie Annemie Turtelboom ne doit pas seulement tenir compte des trois grandes centrales à biomasse. Les plus petites aimeraient également acquérir le sentiment qu’elles font partie de l’avenir. »

Bois A et bois B

Annaert voit en outre une autre opportunité: « Pour l’instant, nous avons 300.000 tonnes de déchets de bois en Flandres, pour lesquelles il n’y a pas de solution. Avec de bonnes installations d’incinération des déchets, nous ferions d’une pierre deux coups: elles sont très efficaces d’un point de vue écologique et solutionnent un problème de déchets. Elles ne pourront cependant pas être construites sans certificats verts, car les derniers calculs parlent d’un trou de 20 euros par tonne pour rendre un tel projet rentable. « Une telle centrale serait également en mesure de traiter les déchets de bois des pays voisins ». Cela ne peut pas se faire dans les centrales à biomasse actuelles. Max Green et German Pellets fonctionnent en principe avec des pellets de bois. La BEE flamande, qui vise une centrale lourde de 200 MW à Gand, suppose des copeaux de bois, qui sont originaires de cultures invasives à circuit court provenant des Etats-Unis, de Namibie et d’Afrique du Sud. C’est du bois A, alors que le bois de déchet flamand appartient à la catégorie de bois B. L’homme à la tête de BEE, Michaël Corten, n’est en principe pas opposé au bois B. « Cela exige d’autres paramètres au niveau de la vapeur et des filtres à air, donc si nous le savons dès le début, c’est possible. Plus à Gand, mais nous examinons aussi des possibilités ailleurs. La grande question est de savoir si l’approvisionnement peut être garanti. Pour Gand, nous avons des contrats de minimum 12 ans pour le carburant, à des prix garantis. » La hausse des prix pour les pellets de bois, initialement bon marchés, a sonné le glas pour un grand nombre de centrales à biomasse ailleurs en Europe ».

43

Bois de recyclage !

Quatre exigences

Parmi les possibilités que BEE examine, il y a aussi la centrale de Langerlo. « Le gouvernement wallon va bientôt lancer un appel d’offre publique pour une centrale à biomasse de 150 à 200 MW à Lixhe, au nord de Liège. Nous en sommes très éloignés. Mais avec l’expérience que nous avons acquise à Gand, nous pouvons relativement vite enchaîner pour également construire une deuxième centrale en Flandre. Cela pourrait être à Anvers, mais les possibilités de construire un réseau de chaleur sont plus grandes à Langerlo, où il y a encore pas mal de matériel utilisable sous la main. »

« Quoi qu’il en soit, chaque centrale que nous construisons devra répondre à nos quatre exigences de durabilité. Elles doivent pouvoir participer à la capacité de réserve R2 d’Elia (ce qui signifie qu’elles peuvent facilement être connectées et déconnectées pour permettre de conserver l’équilibre sur le réseau électrique). Il faut qu’il y ait un réseau de chaleur qui puisse y être relié. Il doit s’agir de biomasse durable, que nous pouvons transporter par bateaux de la manière la plus écologique possible. Et elles doivent être efficientes: à Gand, nous visons, réseau de chaleur inclus, 69%: c’est mieux que le rendement d’une centrale à vapeur et à gaz. »

http://trends.levif.be/economie/entreprises/pourquoi-la-faillite-du-plus-important-producteur-de-pellets-europeen-est-une-bonne-nouvelle/article-normal-468173.html

Publicités

A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis et contenant potentiellement des métaux lourds) dans le process de fabrication de son pellet industriel. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter que le préfet du Nord avait accordé à la société Jeferco.
Cet article a été publié dans Usine de pellets. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s