Le feu vert du Préfet de région et la colère du maire d’Ohain


112  Un article de Canal Fm, par Paul Schuler, le 16 février.

Le Préfet de la région vient d’accorder fin janvier une autorisation complémentaire d’exploitation pour le projet de construction d’une usine à pellets sur Anor… Tous les clignotants sont au vert a indiqué sur les ondes Jean-Luc Pérat, le maire d’Anor… Sauf que le maire d’Ohain crie au scandale et demande au Préfet de revenir sur sa décision…

Alain Rattez vient d’envoyer un nouveau courrier au Préfet en date du 4 février, pour lui rappeler « l’inquiétude grandissante des élus locaux et de la population qui s’interrogent sur la non prise en compte des nouveaux risques sanitaires liés à l’apport de bois de classe B, issus majoritairement des filières belges dans la confection de pellets ».

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Bois souillés

Dans son courrier, le maire d’Ohain rappelle que « certains adjuvants ou composants (durcisseurs de colle, pigments, revêtements) peuvent engendrer des problèmes de pollution ». Il ajoute que « les étapes nécessaires à la confection des pellets, à savoir la transformation des bois de classe B en sciure et le « chauffage » de ces sciures, peuvent dégager des particules fines dans l’atmosphère et des vapeurs chargées de ces produits dangereux ». Enfin, le maire d’Ohain enfonce le clou en s’étonnant « qu’aucune mesure ne soit préconisée contre les risques éventuels d’alimenter la chaudière en bois de classe B pouvant dégager des produits toxiques dans l’atmosphère et provoquer des maladies graves ».

Alain Rattez demande au Préfet de région de diligenter une nouvelle enquête publique « afin de mesurer les enjeux environnementaux et sanitaires liés à ce changement d’exploitation », histoire de rassurer la population…

De son côté, le préfet a estimé que les changements annoncés par le futur exploitant restent conformes à la réglementation européenne et ne présentent aucun risque majeur pour la santé des habitants situés à proximité de la future usine, ni pour l’environnement…

http://www.canalfm.fr/article-canalfm-1671.html#

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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