Un habitant de Fourmies s’insurge : «On est en train de bousiller notre forêt des Étangs des Moines»


Un article de La Voix du Nord, par Lionel Maréchal, le 10 février 2016.

Après avoir dénoncé d’importantes coupes de bois dans la forêt des Étang des Moines, un habitant de Fourmies, Jacky Baivier, revient à la charge. Pour lui, les sociétés privées chargées d’effectuer ces coupes ne respectent pas la nature et défoncent les sentiers avec leurs engins de déboisement.

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Jacky Baivier a décidé de repartir au combat. Il y a bientôt un an, en avril dernier, il dénonçait d’importantes coupes de bois, à son goût, dans la forêt des Étangs des Moines. Le directeur régional de l’Office national des forêts (ONF) était descendu à Fourmies. Pour expliquer. « On m’a indiqué que ces coupes étaient nécessaires pour la bonne croissance des arbres, pour la régénération de la forêt et pour la sécurité aux abords des étangs qui accueillent du public, confie M. Baivier. Soit. Mais à l’arrivée, j’ai réussi à sauver, pour l’instant, une coupe près de l’étang dit de La Guinguette, et un hêtre plus que centenaire. On m’a dit qu’un autre était creux ; je vérifierai lors de son abattage. Même si, aujourd’hui, à 67 ans, alors que je fréquente les lieux depuis ma jeunesse, je n’ai jamais vu des coupes de bois d’une telle ampleur ». Quelque 10 % chaque année dans le cadre d’un plan de gestion géré par l’ONF qui court de 2015 à 2034. C’est-à-dire 85 hectares sur les 870 de cette forêt domaniale (qui appartient à l’État).

Cette fois-ci, M. Baivier s’inquiète des dégâts occasionnés par les travaux de déboisement sachant que les coupes ont été cédées aux plus offrants dans le cadre d’une vente aux enchères. « Certaines de 2015 n’ont toujours pas été ramassées mais ce n’est pas là le problème le plus grave. Ce sont des sociétés privées qui interviennent alors qu’on pourrait les attribuer, en bois de chauffage, aux habitants comme cela se fait à Glageon ou à Trélon. Si les bûcherons accèdent facilement aux parcelles, pour ramener des troncs d’arbres coupés jusqu’à la route où ils sont chargés sur des camions, les sociétés font aussi appel à des engins de levage. Ces derniers, avec leurs grosses roues motrices, détruisent les chemins. Ils forment de grosses ornières et ce sont autant de sentiers qui ne sont plus praticables pour la promenade. Et on ne parlera pas du parcours VTT qui a été massacré par ces mêmes engins… Qui va réparer ces dégâts et pour quel montant ? La ville, c’est-à-dire nous ». « Je ne suis pas un empêcheur de tourner en rond mais un simple citoyen qui veut qu’on respecte la nature, ajoute M. Baivier. Je le répète, les Étangs des Moines, c’est un patrimoine commun à tous les Fourmisiens ».

http://www.lavoixdunord.fr/region/un-habitant-de-fourmies-s-insurge-on-est-en-train-de-ia12b0n3324173


Commentaire

Entièrement d’accord avec lui. Il suffit de se balader en forêt, notamment la partie la plus à l’est de Fourmies à la limite du Camp Giblou à Anor, pour constater que c’est un saccage. Non seulement les chemins sont défoncés, mais les jeunes pousses sont arrachées ou écrasées, les chemins et les fossés sont détruits. J’espère que les responsables de ces dégâts vont remettre en état à la fin de leur chantier, mais vu ce qu’ils ont fait l’an dernier, j’ai du mal à y croire !!

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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6 commentaires pour Un habitant de Fourmies s’insurge : «On est en train de bousiller notre forêt des Étangs des Moines»

  1. Didier CARON dit :

    Je ne suis pas étonné. La forêt de Compiègne connait une situation similaire. Débardage avec des engins forestiers de plus en plus gros, pas d’arrêt d’activités en fonction des conditions météorologiques, les chemins se transforment en gigantesques bourbiers infranchissables à pied ou en bicyclette. Mais le massacre ne s’arrête aux chemins forestiers, des dégâts similaires se font directement dans les parcelles au cours des opérations de cloisonnements pour extraire le bois-énergie. Les conséquences écologiques sont importantes mais l’ONF ne semble pas concerner par ces questions.

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  2. TIM dit :

    Bonjours, j’ai vécu à Fourmies et aimé parcourir cette forêt pendant des années, malheureusement j’ai déménagé loin d’ici il y a 11 ans et n’ai pas eu l’occasion de
    revenir depuis déjà 7 ans. J’ai constaté que des arbres magnifiques ont été abattus
    entre 2003 et 2008 et que ça continue. J’aimerais avoir des renseignements sur quels
    arbres sont encore là parmi les plus grands et les plus beaux.

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  3. Jazz Man dit :

    Il reste quelques arbres remarquables autour de l’étang principal, mais la plupart des grands arbres ont été coupés !

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  4. TIM dit :

    Je voudrais des informations sur:
    – un grand hêtre fourchu sur le parcourt borné près de la voie ferrée, il est entre les bornes
    qui indiquent 300 et 400 mètres.
    – deux hêtres près des deuxièmes et troisièmes étangs ( celui que j’appelle le troisième
    c’est le plus petit et le plus éloigné dans la forêt), l’un a un gros tronc cannelé et un peu
    plus loin un grand mince à tronc argenté.

    Je sais que le grand hêtre avec un 4 gravé sur le tronc était encore là il y a quelques mois.

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  5. Jazz Man dit :

    Je n’ai malheureusement pas le temps d’aller voir. Si j’y passe dans les semaines qui viennent je reviendrai vers vous.

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  6. TIM dit :

    J’ai appris à l’instant sur la page facebook de la ville dans un article publié hier que 2 hêtres remarquables allaient être abattus, en plus ils les ont montré en photo ce sont les hêtres à tronc cannelé et celui portant un numéro 4. J’ai pu voir que le hêtre argenté existe encore et n’est pas concerné par ces abattages.

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