Le bois énergie : une filière sous perfusion économique.

La filière bois énergie est fortement dépendante des subventions publiques. En effet, sans ces subventions, la filière ne serait tout simplement pas rentable. Subventions pour l’achat du matériel, pour les chaudières collectives, pour la réimplantation des haies,etc. De 10 à 40% du coût d’installation des chaudières à bois déchiqueté serait ainsi subventionné par l’État et les collectivités locales. Il s’agit tout simplement d’un soutien déguisé à une industrie qui vise le profit à court terme, et non la valorisation de notre environnement !

« Renouvelable » vous dites ?

Selon les promoteurs de la filière, le bois serait une énergie renouvelable et la filière participerait à un nouveau paradigme énergétique. L’énergie carbonée dépensée tout au long de la filière (abattage, broyage/déchiquetage, transport, séchage, conditionnement,…) n’est pourtant pas anodine. Il est nécessaire de battre en brèche certaines idées reçues sur cette énergie soi-disant renouvelable.

D’une part, la plantation d’un arbre n’annule pas la combustion d’un autre. En effet, le CO² dégagé tout au long de la filière, ainsi que la construction des outils nécessaires à sa mise en place, n’est pas pris en compte dans le « coût environnemental » de ce projet. D’autre part, contrairement à ce qui a pu être dit, un vieil arbre stocke bien plus de CO² qu’un jeune arbre. Il faudrait donc préserver une majorité de nos arbres pour qu’ils  puissent vieillir le plus longtemps possible !

Enfin, une vieille forêt ou une vieille haie produit beaucoup d’humus par la quantité de racines, de branches, de feuilles qu’elle contient, tandis qu’une jeune forêt ou une jeune haie n’aurait pas le temps de voir son humus correctement se former et s’accumuler. Or nous savons que l’humus est l’un des plus grands pièges à carbone de la planète !Un jeune arbre que l’on couperait tous les 25 ans, comme le préconise la filière bois énergie, ne remplirait pas son rôle de producteur d’humus et de stockage efficient du CO2. Le bocage ne serait plus un piège à carbone mais un émetteur de carbone !

Nous sommes donc loin d’une ressource en énergie renouvelable qui est censée dépenser moins d’énergie qu’elle n’en produit , ne participant pas à l’augmentation de C02 dans l’atmosphère ! Cela nous fait songer à l’arnaque capitalo-verte des agrocarburants…

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Engin forestier

 

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