« L’ONF lutte contre l’effet de serre. » Encore un mensonge !


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« En forêt de Compiègne, chaque année, 15.000 m3 de bois sont broyés pour alimenter la chaudière à bois de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, l’usine l’Oréal de Rambouillet et d’autres chaudières à biomasse de la région Picarde. Les responsables de l’ONF mentent lorsqu’ils affirment : « Lutte contre l’effet de serre : Bois en attente de déchiquetage pour alimenter des chaudières biomasse. Car brûler des arbres à des fins énergétiques menace le climat, les forêts et la population …

Les fausses allégations de carbo-neutralité cachent des impacts climatiques majeurs. En comparaison aux centrales au charbon, pour produire la même quantité d’énergie, les centrales électriques à la biomasse forestière en Amérique du Nord émettent jusqu’à 150 % de plus de CO2, 400 % de plus de monoxyde de carbone irritant pour les poumons, et 200 % de plus de particules fines qui causent l’asthme … (Extrait du rapport « Bio-mascarade Greenpeace – Canada – Mai 2015) –
Effet collatéral de la COP 21 …?
Merci Monsieur le Président, Merci Mesdames et Messieurs les Ministres … Nos enfants s’en souviendront … »

 

Commentaire

On constate, aujourd’hui encore des coupes dans la forêt domaniale de Fourmies, coté Anor. Ils prélèvent toujours les grosses grumes mais dans quelques temps « ils » prendront tout le reste, parcelle après parcelle. Car la future usine de pellets aura besoin de 262 500 tonnes de bois vert par année, soit plus de 300 000 M3, soit encore la forêt de Mormal tous les ans ou la forêt de Compiègne tous les 18 mois !!

La carbo-neutralité de la biomasse a déjà fait l’objet de plusieurs articles sur ce blog. Toute la filière ment, depuis les ministères jusqu’aux industriels, en passant par les élus, les DREAL, Coderst et autres « Autorités Environnementales ». Car comme le dit si bien Francis Hallé, docteur en biologie : « l’arbre est un concentré d’énergie et de substances polluantes prélevées par l’arbre dans l’air et stockées sous la forme de bois« . Et un concentré de substances polluantes ne peut pas avoir un bilan carbone neutre, quoi qu’en dise Jeferco !!

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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Un commentaire pour « L’ONF lutte contre l’effet de serre. » Encore un mensonge !

  1. DIDIER CARON dit :

    Je partage tout à fait le combat que vous menez. Oui, l’utilisation du bois dans les chaudières à biomasse est une véritable imposture et un mensonge inadmissible. Je me souviens effectivement de la citation Francis HALLE … Nous devons réagir … Bien amicalement, Didier CARON

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