Le développement durable arrive chez nous.


Un article de la Voix du Nord, le 18/12/2015, par Lionel Maréchal.

Commentaire : A la lecture de cet article, il semble bien que l’usine de pellets ne rentre plus dans le cadre du développement durable. Mais, vue le  communiqué de presse de Jeferco (publié ici le 13 décembre), ça semble normal puisque cette usine va devenir une usine de recyclage de bois souillés, dont l’appellation officielle devrait être : unité de traitement thermique des déchets.

Il a été question de développement durable lors du dernier conseil de la communauté de communes Sud Avesnois.

Ça se concrétise (enfin). Il y a encore quelques mois, l’expression « développement durable » inspirait de lointaines années. Eh bien non, il se met doucement de plus en plus en place chaque jour. Cela a d’ailleurs été le principal sujet voté, mercredi soir, lors du dernier conseil communautaire de l’année de la communauté de communes Sud Avesnois. Ainsi, l’assemblée a d’abord sollicité une subvention de 34 435 € à l’Union européenne, dans le cadre de la transition énergétique, pour la construction de la maison pluridisciplinaire de santé à Anor.

L’intercommunalité a ensuite postulé à une subvention de 145 000 € auprès du fonds de financement de la transition énergétique de l’État pour la mise en place d’une chaufferie bois à Anor (et peut-être à Wallers-en-Fagne) et pour l’étude de la zone d’activités de Fourmies-Wignehies (le long de la RD 42) qui devra minimiser l’impact environnemental en faisant appel à des énergies renouvelables, à des bâtiments producteurs d’énergie, etc.

Enfin, la communauté de communes soutiendra le projet d’implantation de quatre bornes de recharge électrique, sur la ville de Fourmies. « Même si c’est un projet qui a entièrement été préparé par la municipalité Fourmisienne, il doit être déposé par l’intercommunalité, l’interlocuteur sur cette opération auprès de la Région, pour bénéficier d’un maximum de subsides (80 %) », a déclaré le président de la communauté de communes Sud Avesnois, Jean-Luc Pérat.

Conseillère communautaire de Fourmies, Martine Roux a détaillé cette future installation : «Nous avons souhaité nous associer au conseil régional qui prévoit un plan de déploiement de 2 500 bornes (de rechargement pour les automobiles, les scooters, les vélos… électriques) sur son territoire. C’eût été dommage de passer à côté ». D’autant que sur un montant de 48 000 €, il n’en coûtera que 9 600 à la ville de Fourmies. Ces quatre bornes seront disponibles, d’ici à 2017, à l’Écomusée de l’Avesnois, aux Étangs des Moines, à la gare et devant la cité scolaire Camille-Claudel.

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Recyclage des bois souillés : brut puis déchiquetés !

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par ce projet d’usine de pellets industriels - pellets destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis du conseil municipal d'Anor, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis consultatif du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une "unité de fabrication" de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco a obtenu du préfet un arrêté complémentaire qui lui permet d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides, des pesticides ou des composés organiques volatiles non naturels) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter qui avait été accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue en 2018. Début 2018, ce même promoteur dépose en préfecture un nouveau projet qu'il dit être le même - la loi ayant changé pour lui être plus favorable - mais qui est en fait différent à 50% du premier projet. En effet, le premier projet a été modifié pour incorporer des bois de classe B. Le permis de construire a été modifié. Tout l'approvisionnement arrivera sous forme de plaquettes, ce qui implique la suppression de l'écorçage, du broyeur-déchiqueteur et du parc à bois. Un brevet a été obtenu en 2017. Le système de filtres de la cheminée a complètement changé pour passer du filtre cyclonique à l'électro-filtre dont les boues seront rejetées dans l'assainissement collectif. Il n'y aura pas de réunion public, ce qui va priver la population d'une information correcte que la loi exige ! Si ce second projet obtenait une autorisation, nous l'attaquerions immédiatement en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
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