Jean-François Rosado, le président de la société Jeferco, sort de son silence !

Un article de Canal Fm, par Paul Schuler, le 11 Décembre 2015.

Et voici la réponse d’Anor Environnement, adressée à la presse locale et régionale.

Jean-François Rosado, le Président de JEFERCO, a décidé de réagir et « de corriger les inexactitudes relevées concernant le projet . Et il commence son communiqué en nous expliquant que « le bois de classe B est non dangereux puisqu’il est faiblement traité ». Faiblement ou pas, s’il a été traité et qu’il n’est pas dépollué, il est dangereux. Dans les réponses fournies par Jeferco aux questions de la commissaire enquêtrice, voici ce qu’écrit M. Rosado en juin 2014 : « Le bois utilisé par Jeferco sera du bois issus d’exploitations forestières, et en aucun cas du bois ayant subi un quelconque traitement, ce qui évite tout rejet de polluants issus de la combustion de produit de traitement. » Et aujourd’hui, il affirme le contraire.

M. Rosado parle de respect de l’environnement. Il oublie de mentionner qu’il va détruire une dizaine d’espèces d’oiseaux qui sont sur la liste rouge de la directive européenne de protection des oiseaux. Il oublie d’expliquer que les déchets de peintures vont bloquer les broyeurs et boucher les presses qui ne pourront qu’exploser. Il oublie de dire qu’en plus des 24 tonnes annuelles de poussière de bois nous aurons la poussière de peinture, de colle et de vernis. Il oublie qu’il manque, dans son étude, l’évaluation des incidences du projet sur la zone Natura 2000. Il oublie qu’il manque l’étude d’impact de l’embranchement de voie ferrée qui ne peut être construit sans ce document. Il oublie que le « fossé » dans lequel il compte rejeter ses eaux polluées est en fait le ruisseau Saint-Laurent, mentionné sur les plans « zones inondables » de la préfecture du Nord et qui se jette dans l’Oise. Il oublie que pour « respecter ses engagements pris pour la quiétude du voisinage », il va faire tourner son usine 24h/24, 7 jours sur 7 et 337 jours par an. Il oublie que, selon l’arrêté préfectoral, la somme des flux polluants sortant de la cheminée sera de 290 tonnes par an. Bref, ce communiqué est une somme d’oublis.

En guise de conclusion M. Rosado nous explique, comme si nous n’avions pas compris, qu’il s’agit bien d’industrialiser l’Avesnois. Preuve que le capitalisme, et ce capitaliste-là en particulier, ne s’empare du développement durable que pour mieux se renouveler. En effet, néophyte dans le domaine du bois-énergie, M. Rosado était précédemment dans l’éolien : deux secteurs ou les subventions coulent à flot.

Le pellet a été inventé afin de recycler la sciure qui est le déchet fatal de la scierie. Pour fabriquer 120 000 tonnes de pellets par an il faut 150 000 tonnes de sciure. Mais si on utilise du bois vert, comme veut le faire Jeferco, il faut 262 500 tonnes de bois sur pied pour fabriquer la même quantité de pellet. C’est la pire utilisation qui puisse être faite du bois de nos forêts. D’autant que Jeferco n’a à aucun moment tenu compte du plan forêt régional et des contrats bois-forêt régionaux qui sont établis par le conseil régional pour réguler les coupes et augmenter les surfaces boisées de notre région. Au contraire, il les ignore et n’a sollicité le conseil régional que pour obtenir des subventions.

Au final, ce type d’usine à gaz carbonique ne doit pas exister, NI ICI, NI AILLEURS !!

 L’article est ici.

 

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Entrée de la zone d’activité de St Laurent à Anor

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A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en mai 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact, avis de l’autorité environnementale, avis de la commissaire enquêteur, avis du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une unité de fabrication de granulés de bois et une centrale biomasse. J'ai été atterrés par ce que j'y ai lu. Plusieurs riverains étaient du même avis, nous avons donc créé un collectif. Au bout de quelques mois ce collectif est devenu une association : Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient une autorisation complémentaire permettant d'utiliser du bois de classe B (bois peints, collés, vernis et contenant potentiellement des métaux lourds) dans le process de fabrication de son pellet industriel. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter que le préfet du Nord avait accordé à la société Jeferco.
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