Plus un arbre est vieux, plus il absorbe de CO2.


398  Un article de 7sur7.be, le 18 janvier 2014.

Commentaire : la société Jeferco, comme la majorité des promoteurs de la filière bois-énergie, nous explique dans son étude d’impact, Chapitre 4 – page 117 : « Par ailleurs, le projet aura un impact indirect positif sur le climat, car il permet de consommer des bois de second choix et de rajeunir les plantations. En effet, les bois jeunes, à volume et surface égale, une forêt jeune stocke beaucoup plus de CO2, qu’une âgée avec de vieux arbres. » Outre le fait que cette phrase soit très mal écrite, l’article qui suit nous explique au contraire que « plus un arbre est vieux, plus il absorbe du CO2, et plus il grandit vite. » Une jeune foret que l’on couperait tous les 25 ans, comme le préconise Jeferco, ne remplirait pas son rôle de producteur d’humus (qui est le plus grand piège à carbone de la planète) et de stockage efficient du CO2. La foret ne serait plus un piège à carbone mais un émetteur de dioxyde de carbone !

Il  semble d’ailleurs que la réponse soit intuitivement simple, et les manières de l’expliquer nombreuses : pour autant qu’un vieil arbre ne perde pas le CO2 stocké depuis l’origine, il aura toujours plus de carbone que le jeune qui commence seulement à stocker ! Ou encore : le vieil arbre contient tout ce qu’il a stocké étant jeune (beaucoup dit Jeferco) plus tout ce qu’il a stocké étant adulte et étant vieux ! Ou encore : les vieux arbres étant plus gros que les jeunes, ils stockent donc plus de CO2 ! Ou encore : les jeunes arbres stockent moins vite et depuis moins longtemps ! De quoi battre en brèche les idées reçues, propagées et entretenues par Jeferco, sur le bois qui serait une énergie renouvelable.


Plus un arbre est vieux, plus il capture du dioxyde de carbone dans l’atmosphère pour continuer à croître, selon une étude publiée mercredi et portant sur l’impact des forêts sur le réchauffement climatique.

399

Les résultats des travaux, publiés dans Nature, indiquent que sur plus de 400 types d’arbres étudiés, ce sont les spécimens les plus vieux et donc les plus grands de chaque espèce qui grandissent le plus vite et qui absorbent ainsi le plus de CO2. Ces recherches contredisent le postulat selon lequel les vieux arbres contribueraient moins à la lutte contre le réchauffement climatique. « C’est comme si, pour des humains, la croissance s’accélérait après l’adolescence au lieu de ralentir« , a résumé à l’AFP Nathan Stephenson, l’un des auteurs.

Les arbres absorbent le CO2 de l’atmosphère, le principal gaz à effet de serre, et le stockent dans leurs troncs, leurs branches et leurs feuilles. Les forêts jouent ainsi un rôle de puits de carbone, mais jusqu’à quel point elles ralentissent le réchauffement fait débat. « Nous savions déjà que les forêts anciennes stockaient plus de carbone que des forêts plus jeunes« , explique Nathan Stephenson. Mais, poursuit-il, « les forêts anciennes ont des arbres de toutes tailles et il n’était pas clair lesquels grandissaient le plus vite, capturant ainsi le plus de dioxyde de carbone« .

Cette étude apporte une réponse claire à cette question : « pour réduire le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère, c’est mieux d’avoir davantage de gros (et donc vieux, Ndlr) arbres« , résume le chercheur. « Cette connaissance va nous permettre d’améliorer nos modèles pour prévoir comment les changements climatiques et les forêts interagissent« , a souligné Nathan Stephenson.

Près de quarante chercheurs ont participé à cette étude, qui a analysé des données remontant jusqu’à 80 ans en arrière et portant sur 670.000 arbres de 403 espèces différentes existant sur tous les continents.

 

L’article de 7sur7.be est lisible ici.

105

Publicités

A propos Jazz Man

Alerté lors de l’enquête publique en juin 2014 et intrigué par le projet d’usine de pellets industriels - qui sont destinés à alimenter des centrales électriques au charbon migrant vers le bois-énergie, en Belgique, en Angleterre ou en Allemagne - dans le bocage de Saint-Laurent à Anor, je me suis procuré l’ensemble des documents du dossier : étude d’impact et ses annexes, avis de l’autorité environnementale, avis consultatif du commissaire enquêteur, avis consultatif du Parc Naturel Régional de l’Avesnois, rapport de l’inspection des installations classées, avis du CODERST et arrêté préfectoral accordant l’autorisation d’exploiter une usine de fabrication de granulés de bois (120 000 T/an) et une centrale biomasse sans cogénération de 15 MW. J'ai été atterré par ce que j'y ai lu. Beaucoup de riverains étant du même avis, nous avons créé un collectif qui, au bout de quelques mois, est devenu l'association Anor Environnement. Le 20 novembre 2015, nous avons déposé un recours au Tribunal Administratif de Lille. En janvier 2016, la société Jeferco obtient de la préfecture une autorisation complémentaire permettant d'utiliser des bois de classe B (bois peints, collés, vernis et pouvant contenir des métaux lourds, des fongicides ou des pesticides) dans le processus de fabrication de son pellet pour l’industrie. Le 28 février 2017, le Tribunal Administratif de Lille annule l'autorisation d'exploiter accordée par le préfet du Nord à la société Jeferco. Début mars 2017, le promoteur fait appel. La décision de la Cour Administrative d’Appel de Douai est attendue pour le début de l’année 2018. Mais ce même promoteur prépare déjà un nouveau projet - probablement le même, la loi ayant changé pour lui être plus favorable - qui est en cours de finalisation. Si ce second projet obtient une autorisation, nous l'attaquerons aussi en justice. Car ce type d'usine polluante du monde d'avant, fonctionnant 24/24 et sept jours sur sept, n'a sa place ni ici, ni ailleurs !
Cet article a été publié dans Changement climatique, Filière bois-énergie, Forêts - Biomasse. Ajoutez ce permalien à vos favoris.